L’EPFL : « une école dynamique et multiculturelle, avec un esprit de pionnier »

André Catana, responsable de l’unité start-up de l’EPFL.
André Catana, responsable de l’unité start-up de l’EPFL. - Photo Alain Herzog/EPFL

Quels sont les atouts de l’EPFL ? 

C’est une école dynamique et multiculturelle, avec un esprit de pionnier. Ce qui fait qu’elle accueille une grande diversité de personnalités. Nos 11 000 étudiants sont issus de 120 nationalités. Cette richesse concerne aussi nos doctorants, dont 85 % sont étrangers. Cette force-là se traduit, par exemple, dans des profils d’entrepreneurs extrêmement différents, qui ont envie de prendre peut-être plus de risques que les Suisses. De nombreux créateurs d’entreprises dans notre territoire n’en sont pas originaires.  Mais ce dynamisme s’explique également par notre tradition de collaboration avec l’industrie, par l’excellence de notre recherche.  

Comment l’EPFL favorise-t-elle cette éclosion de start-up ? 

Nous avons la chance d’avoir, grâce à l’État suisse, un cadre précis qui nous a permis de gagner en autonomie, de bénéficier de conditions claires en matière de propriété intellectuelle et de ressources financières lesquelles facilitent, justement, la mise en place de programmes d’amorçage absolument indispensables à l’accélération et au « dérisquage » de projets. 

Fini le cliché du chercheur isolé dans son labo ? 

Évidemment ! Nous avons créé autour du campus de l’EPFL tout un écosystème avec des passerelles entre nos scientifiques, des starts-up, des investisseurs et des industriels. Nous aidons également nos étudiants à appréhender leur futur marché et leurs clients. ʺQui va acheter la technologie que j’ai développée ?ʺ est une question essentielle. Ainsi nous mettons à disposition de nos étudiants et chercheurs tout un panel d’outils pour les soutenir dans leur démarche entrepreneuriale. Tout en apportant une attention particulière au développement personnel. Cela à travers le programme The Changemakers, lancé récemment.

En quoi consiste-t-il ? 

À améliorer ses qualités de leader, à convaincre, à monter et fédérer une équipe autour d’un projet commun. Les qualités personnelles sont aussi importantes, si ce n’est plus, que la technologie elle-même. 

On dit que les femmes sont peu intéressées par la science et l’ingénierie…

À l’EPFL, 30 % des étudiants sont des femmes. Depuis mars 2021, nous avons une vice-présidente pour l’innovation. Et surtout, plus d’un tiers des start-up créées en 2020 ont été fondées ou cofondées par des femmes. Depuis ces trois dernières années, les choses bougent. À voir la réussite de certaines, elles se disent : « Pourquoi pas moi ? » Le succès donne envie…