Comment Annemasse-Bellegarde a survécu à l’avalanche d’annulations d’événements sportifs

Cette année, l’avenue Jules-Ferry (ici lors de l’édition 2011, avec la victoire de Kenny Elissonde) sonnera bien creux, à cause du huis clos.
Cette année, l’avenue Jules-Ferry (ici lors de l’édition 2011, avec la victoire de Kenny Elissonde) sonnera bien creux, à cause du huis clos.

L’organisation de la 85e édition d’Annemasse-Bellegarde et retour relève du petit miracle, dans un contexte où les annulations d’événements sportifs (et pas que, bien sûr) s’enchaînent tristement. Planifiée l’an dernier au tout début du premier confinement et donc passée à la trappe, la mythique classique a cette fois survécu. Ce tour de force, elle le doit en grande partie à son statut de course élite nationale.

« Le sport de haut niveau n’a jamais trop été limité, observe Jean-Louis Michaud, directeur de l’épreuve et président du Vélo club d’Annemasse, le club organisateur, entre 2015 et 2018. La préfecture et les instances du cyclisme nous ont donné leur feu vert en février. On espère qu’il n’y aura pas de retournement de situation d’ici à dimanche. » Si le suspense fait le sel des bonnes courses de vélo, il est moins apprécié des organisateurs…

Exit les cadets et le contre-la-montre

Les cadets, qui font parler la fougue de leur jeunesse sur les soixante derniers kilomètres du parcours depuis 2014 dans le cadre d’une manche de coupe de France, ne pourront cette fois pas être de la partie. « Ils n’ont pas le statut de sportifs de haut niveau  », explique Jean-Louis Michaud, qui termina second d’Annemasse-Bellegarde en 1971, seulement devancé au sprint par Joseph Carletti. Le championnat départemental de contre-la-montre par équipes, prévu samedi à Reignier, a également été rayé du calendrier. La déambulation du club des Cyclotouristes annemassiens Voirons-Salève n’aura pas lieu non plus.

Huis clos sur la zone de départ/arrivée

Seule reste donc la course reine. Elle sacrera forcément un costaud. Ces dix dernières années, des coureurs comme Warren Barguil (2012), Guillaume Martin (2015), Benoît Cosnefroy (2016), Frédéric Brun (2013 et 2017) ou Aurélien Paret-Peintre (2018) sont montés sur la plus haute marche du podium, place de la Libération. Ce dimanche, personne ou presque ne pourra admirer les mollets forcément saillants du vainqueur et de ses plus proches poursuivants, huis clos oblige sur la zone de départ/arrivée. « Les passionnés devraient par contre être au rendez-vous tout au long du parcours, d’autant que la météo sera au beau fixe », annonce Jean-Louis Michaud, dont le rôle consiste à ouvrir la route et à prévenir les coureurs et la caravane en cas de souci, comme ce fut le cas en 2019, lorsque deux motards encadrant l’épreuve s’étaient percutés, entraînant une interruption de la course.

L’ambiance manquera inévitablement à Annemasse mais le spectacle devrait être au rendez-vous sur les 166 kilomètres d’un parcours corsé par 2100 mètres de dénivelé, quatre grands prix de la montagne et cinq sprints intermédiaires.

Aurélien Paret-Peintre en invité d’honneur

Auteur d’un début de saison épatant (vainqueur du Grand prix La Marseillaise et neuvième de Paris-Nice), Aurélien Paret-Peintre (AG2R Citroën team), vainqueur à domicile d’Annemasse-Bellegarde en 2018, sera au cœur de la course. Pas sur sa bicyclette mais dans une voiture suiveuse. Il devrait également remettre les prix après l’épreuve.