Retour ou pas à 90 km/h sur le réseau secondaire : les Pays de Savoie ont choisi, l’Ain n’a pas tranché

Quatre départements, dont la Creuse, ont décidé de repasser la totalité de leur réseau secondaire à 90 km/h.
Quatre départements, dont la Creuse, ont décidé de repasser la totalité de leur réseau secondaire à 90 km/h. - Archives

La limitation à 80 km/h sur les routes secondaires était une expérimentation. Mise en place le 1er juillet 2018, cette mesure n’avait pas pour but d’être définitive, mais devait être testée sur deux ans afin de voir si elle avait réellement un impact sur la mortalité sur les routes.

En janvier 2019, lors du grand débat, Emmanuel Macron ouvre la voie à un aménagement. En effet, la loi s’est très vite heurtée à la résistance des Français et de leurs élus, notamment en zones rurales. En mai 2019, le premier ministre Édouard Philippe s’était déclaré ouvert à un assouplissement de la limitation à 80 km/h.

Dix-huit mois plus tard, soit en janvier 2020 – et non le 1er juillet 2020, comme c’était prévu – l’expérimentation prend fin et les élus peuvent, sur les routes départementales relevant de leur compétence, revenir à 90 km/h à condition de prendre un arrêté motivé, après avis – consultatif – de la commission départementale de la sécurité routière (CDSR), note Libération.

Décisions, décisions…

Deux ans et demi plus tard, des départements sont toujours indécis quant au retour ou non aux 90 km/h. Plusieurs, dont l’Ain, hésitent encore, selon la Ligue de défense des conducteurs.

Quatre départements ont rehaussé la vitesse à 90 km/h sur la totalité de leur réseau : la Creuse, la Corrèze, le Cantal et l’Allier. 41 départements préfèrent rester à 80km/h tandis que 31 départements repassent une partie du réseau à 90 km/h.

La carte des départements de la Ligue de défense des conducteurs est mise à jour régulièrement.
La carte des départements de la Ligue de défense des conducteurs est mise à jour régulièrement. - Ligue de Défense des Conducteurs

Une des raisons de l’hésitation est une circulaire envoyée aux préfets leur donnant 10 pages de recommandations drastiques sur le retour aux 90 km/h, rendant son application bien plus complexe. Ce document insiste sur plusieurs points, dont l’impossibilité d’augmenter la vitesse sur les routes comportant des arrêts de transports en commun ou sur lesquelles circulent des engins agricoles ou des riverains. Le tronçon doit aussi faire au moins 10 km et ne pas être traversé par un chemin de randonnée ou une véloroute. Autant dire que la plupart des voies sont concernées.

Et chez nous ?

Les départements de Savoie et de Haute-Savoie ont fait le choix de ne pas revenir à une limitation de vitesse à 90 km/h.

Dans l’Ain, le conseil départemental devait prendre une décision en février 2020. Cette décision avait été différée, notamment en raison de la réticence de la commission sécurité routière. Une décision devait être prise à la fin de l’été 2020 mais le département a dû faire face à la crise sanitaire entre-temps. En février, le bilan de la sécurité routière dans l’Ain faisait état d’une augmentation de 26 % de la mortalité sur les routes du département en 2020 par rapport à 2019, à l’opposé de la baisse de la mortalité sur le territoire national.

Quel bilan ?

En dix-huit mois, plus de 300 vies auraient été sauvées. Ce nombre est à prendre avec des pincettes et aucun organisme ne semble avoir le même, tant la Sécurité routière que l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

Le nombre serait de 349 vies entre le 1er juillet 2018 (date d’entrée en vigueur de la mesure) et le 28 février 2020, par rapport à la moyenne des années 2013 à 2017, selon le rapport du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, qui avait été missionné par le Premier ministre d’alors, Édouard Philippe, pour dresser un bilan au bout de deux ans.