Thyez : 9 trafiquants d’héroïne et de cocaïne à la barre du tribunal de Bonneville

Durant deux jours, lundi 1er et mardi 2 mars, neuf trafiquants de drogue sont jugés à la barre du tribunal de Bonneville.
Durant deux jours, lundi 1er et mardi 2 mars, neuf trafiquants de drogue sont jugés à la barre du tribunal de Bonneville.

Ce lundi 1er mars, c’est une audience hors-norme qui s’est déroulée au tribunal de Bonneville et qui doit permettre de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière albanaise des trafiquants de drogue. Elle se poursuivra demain, mardi, avec la plaidoirie des avocats.

Vendeurs albanais et consommateurs actifs

Neuf prévenus sont sur le banc des accusés : des vendeurs albanais et des consommateurs recrutés sur place pour leur fournir la logistique indispensable pour se déployer sur le terrain, en échange de produits et de services. L’affaire s’est déroulée durant l’année 2019, principalement sur Thyez, mais aussi Marignier où se trouvaient également des points de vente. Le procureur de la République a qualifié ce trafic de « grande ampleur », avec 315 consommateurs identifiés durant cette période, mais plus de 1 500 consommateurs au total dans la vallée de l’Arve, à travers de trois réseaux albanais.

L’audience de ce lundi 1er mars, a débuté dans la confusion, avec quatre suspensions d’audience successives, entre 9 heures et 10h50.

Quatre suspensions d’audience

Un premier prévenu s’est rapidement emporté, dès que la présidente du tribunal a commencé à détailler les chefs d’accusation à son encontre. Devenu grossier, la présidente demande au prévenu de choisir entre se calmer ou quitter le tribunal. Il a préféré partir.

Quelques minutes après la première suspension, la présidente du tribunal fait savoir à un autre prévenu que son avocat ne viendra pas à l’audience, car il n’a pas eu de nouvelles de son client depuis un certain temps. Celui-ci fait savoir qu’il ne veut pas être jugé sans avocat. Le procureur se dit opposé à sa demande de renvoi. L’audience est suspendue et rejette sa demande de renvoi.

Ce sont alors les avocats des autres prévenus qui demandent une suspension d’audience afin d’informer le bâtonnier du barreau de Bonneville sur cet incident et de trouver une solution. « Tout accusé ayant droit à un avocat. » L’audience est donc suspendue une troisième fois, en attendant l’arrivée du bâtonnier.

À la reprise de l’audience, le bâtonnier fait savoir que la première avocate du prévenu, qu’il avait eu lors de l’instruction est prête à reprendre le dossier. Cependant, celle-ci ne peut pas être présente ce jour, car elle plaide dans une autre affaire. Il est donc demandé de le juger à une audience ultérieure. Lui-même est d’accord pour reprendre son ancienne avocate. L’audience est suspendue pour étudier la question.

À son retour, le tribunal informe qu’il rejette cette demande de disjonction. « Il sera donc jugé aujourd’hui sans avocat », précise la présidente, la loi le permet. Il n’a pas le choix.

Nouveau coup de théâtre

Nouveau coup de théâtre, quelques minutes plus tard, au sujet d’un autre prévenu ; celui qui a hébergé une partie des Albanais à son domicile de Thyez. Celui-ci est placé sous curatelle, apprend-on, malade psychiatriquement. Il aurait donc dû faire l’objet d’une expertise médicale, afin de savoir s’il est apte à être jugé. « L’expertise est obligatoire quand on est sous curatelle, rappelle le procureur. Il ne peut donc pas être jugé aujourd’hui. » L’individu est maintenu sous contrôle judiciaire jusqu’à la prochaine audience, en attendant une expertise médicale. Le tribunal va donc désigner un expert et renvoie son affaire au 9 septembre.