Arrondissement d’Albertville, réactions aux annonces de Jean Castex: entre résignation et colère

Arrondissement d’Albertville, réactions aux annonces de Jean Castex: entre résignation et colère

Suite aux annonces du Premier Ministre, Jean Castex jeudi 7 janvier, nous avons contacté différents corps de métiers toujours en l’attente d’une date d’ouverture, à commencer par les stations de ski.

Des remontées mécaniques perplexes

Quand on leur pose la question, les directeurs de remontées mécaniques rient jaune. « On n’est pas plus avancé. Je comprends que c’est difficile de prendre des décisions dans les circonstances actuelles. Mais, pour nous, cela devient catastrophique. Les clients ne vont pas réserver pour février. Et plus on tarde plus c’est compliqué », déplore Laurent Fillion, directeur de la SEM Arêches-Beaubort. La prochaine date d’examen de la situation est fixée au 20 janvier par Jean Castex. À voir si ça coïncide avec la date d’ouverture des remontées mécaniques que les gestionnaires de ces dernières espéraient.« C’est surtout pour nos clients que c’est dérangeant. Il faudrait qu’ils puissent se projeter, poser des congés, réserver. Finalement, les gens ont plus de facilités à se projeter pour les vacances d’été pour lesquelles ils réservent déjà. », poursuit le directeur. D’autant que souligne encore Laurent Fillion « on dit que les stations familiales s’en sortent mieux. Oui, au niveau du remplissage des lits, mais pour les remontées mécaniques le problème est le même que dans les grandes stations ». De son côté, Cédric Bonnevie, également directeur des pistes à Val d’Isère « ne sait pas quoi en penser. On subit. C’est difficile pour tout le monde. Mais à Val d’Isère, on est une régie communale, on n’a pas de visibilité sur les aides de l’État pour l’instant. C’est compliqué à tout point de vue ». Même s’il se dit prêt à ouvrir. « On n’a pas rien fait. On a eu la chance d’organiser des coupes du monde. Ce n’est pas compliqué d’ouvrir la station. Bien sûr, on ne le fera pas du jour au lendemain, il nous faut 4 jours ».

Des grossistes en boissons oubliés des aides

Du côté des restaurateurs et des bars, la date avancée par le Premier Ministre est le 15 février.

« On s’attendait au mois de mars, si c’est le 15 février, ce serait mieux. Mais, je n’y crois pas trop, assure Jean-Marc Revillard du bar Charles-Albert sur la place du même nom. La fermeture on fait avec, on ne peut pas dire que ça va bien. On fait avec. Si après pour calmer la situation sanitaire, il faut cela. Il ne faut pas être con, non plus. Mais, ça commence à être long ». Les bars ne sont pas les seuls affectés. Leurs grossistes subissent encore plus la situation. « Les dépositaires entrepositaires de boissons, notre métier est à 95 % à l’arrêt. On se doutait que ça allait se passer comme cela. Le problème c’est que l’on n’a pas le droit à l’indemnisation de 20 % du chiffre d’affaires qu’ont les restaurateurs. On a zéro aide de l’État si ce n’est le chômage partiel. » Du coup, il demande à y avoir droit. D’autant précise-t-il que les entrepôts sont pleins de stock à cause des confinements et déconfinements successifs, stock qu’il a payé au fur et à mesure. « On a 900 000 euros de stock qui dort et qui va se périmer ». Alors la profession se mobilise. « Si l’État ne se bouge pas avant le 19 janvier, on va bloquer toutes les grandes villes de France. Nous, ce sera sur Annecy, on va venir avec une centaine de camions le 19 janvier ».

Des restaurateurs qui se mobilisent pour sauver leurs entreprises

Chez les restaurateurs aussi, la grogne monte. «  Le mercredi 20 janvier, à 10 heures devant mon restaurant, je donne rendez-vous à tous les restaurateurs, fournisseurs et autres personnes voulant se joindre à nous pour la marche noire que j’organise à pied jusqu’à la mairie d’Albertville. On ne peut pas toujours dire amen à notre gouvernement même si la situation n’est pas facile. Il faut apprendre à vivre avec le virus et retrouver une vie normale, lance Dominique Hybord, gérant du restaurant Fleur de Sel à Cevins. On se bat pour sauver nos entreprises et on va bientôt parler de misère, évoque le restaurateur. Toute mon équipe est au chômage partiel et le restaurant est fermé. J’ai tenté la vente à emporter durant le premier confinement mais ça n’a pas fonctionné. Aujourd’hui, on est dans la balance, on se demande même si on rouvrira le restaurant car on est dans le rouge et on se demande combien de temps les banques vont continuer à nous suivre ». Son collègue, David Gromier du bistrot Le Dahut à Albertville, participera à la marche du 20 janvier. «  Je suis vraiment en colère car on nous prend pour des jambons. Quand on a ouvert, on a fait tout ce que l’État nous a demandé en respectant tous les protocoles. Depuis, les restaurants ont fermé et l’on constate que le nombre de cas n’a pas baissé. Chez moi, je ne propose pas de vente à emporter car cela représente plus de frais que de rentabilité. On est complètement fermé et notre équipe de 12 salariés est au chômage partiel. De plus, les dossiers d’aides de l’État pour le mois de janvier ne seront ouverts que le 15 janvier, il faut pouvoir avancer les frais… On nous laisse mourir la bouche ouverte. »