La maire dénonce le décret anti-skieurs et obtient gain de cause

Selon la maire de Saint-Gingolph, l’application strict du décret empêchera les frontaliers de passer.
Selon la maire de Saint-Gingolph, l’application strict du décret empêchera les frontaliers de passer.

Annoncé par le Premier ministre en personne, le décret publié le 19 décembre afin d’empêcher les Français d’aller skier dans les stations suisses alors que les remontées mécaniques sont fermées en France, sème la pagaille à Saint-Gingolph. « Le décret est mal fait, il est ambigu car il ne cible par uniquement les skieurs », explique Géraldine Pflieger, la maire du village frontalier. La disposition réglementaire impose, en effet, de fournir un test PCR négatif pour entrer en France depuis plusieurs cantons : « Il n’y a même pas le canton de Berne, qui est un paradis pour les skieurs, alors que celui d’Uri, où il n’y a quasiment pas de stations, est cité. »

L’élue estime que le décret est « risible » et a été écrit « par des gens à Paris qui ne comprennent rien ». Les conséquences pour les Gingolais sont lourdes et rendent « la situation invivable ». « Des choses toutes simples sont devenues compliquées et pire qu’au confinement de ce printemps. Les habitants du village côté suisse ne peuvent plus venir chez nous pour acheter du pain, voir leurs proches ou même aller au cimetière », décrit Géraldine Pflieger. Rappellons que le cimetière commun aux deux villages se situe côté français.

Quid des frontaliers ?

La maire va plus loin : « Si on applique strictement le décret, même les travailleurs frontaliers pourraient être empêchés de passer. Le décret ne parle pas des motifs de déplacement. » Bien qu’il soit difficilement applicable par les douaniers, c’est essentiellement l’impact médiatique qui inquiète la maire gingolaise : « Les médias suisses disent que pour venir en France il faut un test négatif, nous recevons des appels tous les jours, l’activité économique du Chablais sera touchée. » Géraldine Pflieger lance donc un appel : « Il faut trouver une solution au plus vite pour laisser le bassin lémanique continuer à vivre, on ne peut pas revenir comme ça sur les principes de base de la vie en communauté. » Elle ajoute : « La peur du gendarme est efficace, il n’y a quasiment aucun skieur qui prend le risque de se rendre en Suisse. »

L’élue a fait part de la problématique à la Préfecture qui a remonté l’information à Paris : « C’est un sujet jugé sensible car il s’agit de la parole du Premier Ministre ».

Dans la soirée du mardi 29 décembre, Géraldine Pflieger a finalement obtenu des réponses rassurantes des services de l’Etat : « L’obligation d’un test ne concerne que les résidents français partis en vacances en Suisse, pas les frontaliers qui peuvent prouver qu’ils travaillent de l’autre côté de la frontière, ni les Suisses qui vont effectuer leurs achats ou voir des proches en France. »