Pêche dans le Léman : toujours moins de féras mais plus de perches

Les pêcheurs professionnels se tournent vers la perche pour maintenir leur activité.
Les pêcheurs professionnels se tournent vers la perche pour maintenir leur activité.

Quand les chiffres confirment les discours. Voilà plusieurs années que les pêcheurs du lac alertent sur la diminution des prises de poisson, principalement de la féra. Le bilan réalisé par la commission franco-suisse du Léman confirme cet état des lieux.

Ainsi, pour la sixième année consécutive, le rendement global est de nouveau à la baisse avec 525 tonnes de poissons pêchés en 2019 contre 686 tonnes en 2018. La chute fait encore plus mal en comparaison avec l’année référence de 2015 où le résultat était de 1145 tonnes, soit plus de la moitié. Outre les statistiques des 130 pêcheurs professionnels des deux rives du Léman, sont comptabilisées les prises des amateurs, 6708 permis annuels de pêche de loisirs, preuve de l’intérêt de cette activité au sein du grand public.

Dans le détail, les chiffres de la féra sont les plus impressionnants. Sa pêche diminue pour la cinquième année consécutive. Elle est même en recul de 85 % par rapport à cette année particulière qu’a été 2015  : 120 tonnes en 2019 contre 835 il y a quatre ans en arrière. La capture de féra pourrait cependant repartir à la hausse comme semble l’indiquer un bilan intermédiaire réalisé en 2020.

La perche en compensation

A l’inverse, les résultats de la pêche de l’autre poisson emblématique du lac, la perche, poursuit son augmentation. La principale hypothèse de la commission internationale de la pêche dans le Léman est que les professionnels « ont transféré l’effort de pêche sur cette espèce pour compenser la chute de capture des féras ». Ainsi, en 2019, le tonnage de perches a progressé pour la troisième année de suite pour s’établir à 288 tonnes contre 279 l’année précédente. Concernant les autres espèces, la tendance est également à la baisse pour le brochet, l’omble-chevalier ou encore les écrevisses signal. Seule la truite connaît une légère hausse de 725 kilos par rapport à 2018.