Chambéry: un conseil départemental du culte musulman pour renforcer le dialogue interreligieux

Bilal Soyak, Mohamed Serbi, Yilmaz Yavuz veulent favoriser le dialogue interreligieux et devenir un interlocuteur officiel auprès des autorités.
Bilal Soyak, Mohamed Serbi, Yilmaz Yavuz veulent favoriser le dialogue interreligieux et devenir un interlocuteur officiel auprès des autorités.

C’est forcément dans un autre contexte que le conseil départemental du culte musulman (CDCM) en Savoie aurait aimé se faire connaître.

Dans la ligne du conseil français du culte musulman (CFCM), cette nouvelle instance, créée le 26 septembre dernier, réunit 16 mosquées de Savoie afin de représenter la communauté auprès des autorités.

Quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie dans les Yvelines décapité par un terroriste, le conseil a condamné « avec la plus grande fermeté un acte de barbarie que rien ne peut justifier et encore moins au nom d’une religion » dans son tout premier communiqué.

1- Un interlocuteur officiel entre institutions et fidèles

La création de ce conseil départemental, présidé par Mohamed Serbi, s’inscrit dans la suite logique du CFCM et du conseil régional du culte musulman.

« La représentativité ne se faisait pas comme on le voulait. Aujourd’hui on aimerait être un interlocuteur officiel pour faire remonter des informations du terrain et inversement. Ce sera un gain de temps pour tout le monde y compris la mairie et la préfecture », explique Bilal Soyak, porte-parole et secrétaire général du conseil départemental.

2- Les missions du CDCM de Savoie

Formation des imams, gestion administrative des mosquées, organisation des rassemblements, sensibilisation auprès des jeunes, relais d’information… le conseil du culte musulman veut agir dans plusieurs domaines.

« On veut apporter notre soutien pour un meilleur fonctionnement des mosquées et participer à la formation des imams pour qu’ils exercent dans la langue française et éviter les discours inadaptés », poursuit Bilal Soyak.

3- « On veut être une valeur ajoutée, pas un fardeau »

Revenant aux caricatures du prophète Mahomet, le culte du conseil départemental musulman se dit « vexé » et « déçu » parce que « beaucoup se sentent offensés par ces caricatures » mais il réaffirme la liberté d’expression dans un pays laïc, « une chance ».

Une laïcité parfois dévoyée selon le vice-président Yilmaz Yavuz. « Des femmes voilées ont eu peur de se rendre aux rassemblements pour Samuel Paty par peur des représailles. Or, la laïcité garantit à chacun de pouvoir vivre sa religion », appuie-t-il. « On veut être une valeur ajoutée à la nation, pas un fardeau », ajoute Bilal Soyak.

4- En faveur d’un dialogue interreligieux

Et le travail de fond du CDCM s’articulera également sur le dialogue interreligieux. Pour le président Mohamed Serbi et le vice-président Yilmaz Yavuz, l’heure est à « l’apaisement et à la tolérance » plutôt qu’aux récupérations politiques. « Ce qui s’est passé à Conflans-Sainte-Honorine est inacceptable. On veut dire aux Chambériens que nous aussi on combat les terroristes, non seulement on les condamne mais on les déteste », poursuit le porte-parole.

Le conseil départemental du culte musulman invite par ailleurs chaque Chambérien et Savoyard à se rendre dans une mosquée pour interroger à chaque fois qu’il le souhaite. « On l’accueillera comme il est et je suis sûr qu’on lui apportera une réponse constructive ».

Le Diocèse aux côtés des musulmans après l’attentat de Notre-Dame à Nice

Le diocèse de Chambéry, représenté par Bruno Michaud, chargé des relations avec les musulmans, et les représentants du Conseil Départemental du Culte Musulman de Savoie, ont décidé de parler d’une même voix après l’attentat qui a frappé la basilique Notre-Dame à Nice jeudi 29 octobre.

« Ensemble, nous condamnons avec la plus grande fermeté l’assassinat des fidèles de la basilique de Notre-Dame de Nice. Nous tenons à rappeler encore une fois que rien ne peut justifier un acte aussi barbare, et encore moins au nom de DIEU. «Quiconque tuerait une personne, c’est comme s’il avait tué tous les hommes». (Coran, 5/32). «Tu ne tueras pas» reste pour nous, amis et frères, parce que de la même humanité, un commandement. Nous allons continuer sans relâche pour tout mettre en œuvre mutuellement, comme nous le faisons depuis des années, pour continuer à construire cette fraternité dans laquelle il est possible de vivre tous en paix. Ce travail de fraternité constitue la base de l’humanité. Nous exprimons notre compassion et notre solidarité avec les familles des victimes ainsi qu’aux familles des blessés ».