Boëge: en pleine nuit, elle part promener ses chiens en laissant son fils de deux ans

La mère de famille a attendu que son fils dorme pour sortir les chiens.
La mère de famille a attendu que son fils dorme pour sortir les chiens. - Photo d’illustration

Le 15 juillet 2019, il est aux environs de 6h15 du matin lorsque le boulanger de Boëge découvre, allongée sur le parking de son commerce, une femme à moitié inconsciente. Il alerte les pompiers qui se rendent à son domicile. Ils y découvrent la présence d’un petit garçon allongé dans son lit à barreaux. La mère de famille vit seule, elle est séparée du père de son fils.

Les enquêteurs vont alors tenter de retracer ce qu’il s’est passé cette nuit du 14 juillet. Après être allée voir le feu d’artifice avec des amis à Marcellaz, la jeune femme, âgée de 31 ans, rentre chez elle, donne à manger à son fils et le couche. Il est aux environs de 23h30. Elle attend que le petit garçon soit endormi avant de sortir promener ses chiens.

Au cours de la balade, un des chiens, effrayé par le bruit d’un pétard, se met à courir vers le stade. Là, la mère de famille décide de s’arrêter à la buvette dressée à l’occasion de la Fête nationale pour acheter une bière et un Coca. Sur le chemin du retour, elle croise trois individus qui lui proposent de boire une bière, ce qu’elle accepte. Ensuite, c’est le « trou noir » va indiquer la prévenue aux gendarmes. La Boëgienne se revoit simplement dans une cave et avoir bu de l’alcool de poire. Cinq jours après les faits, elle ira porter plainte pour viol. L’affaire est toujours en cours d’instruction.

« Ce dossier a été un électrochoc »

Mardi 12 novembre, la mère de famille comparaissait devant le tribunal de Thonon-les-Bains pour ‘‘délaissement de mineur compromettant sa santé ou sa sécurité’’. « J’ai eu de gros problèmes avec l’alcool et la drogue. Je regrette vraiment ce qu’il s’est passé ce jour-là », sanglote-t-elle à la barre. Quand elle a été découverte ce matin du 15 juillet, la jeune femme avait 2 grammes d’alcool dans le sang. Les analyses ont également détecté la présence de cannabis et de cocaïne.

La prévenue sort tout juste d’un mois de cure de désintoxication.

« Ce dossier est pour elle un électrochoc, constate Philippe Toccanier, procureur de la République. Soit elle continuait dans cette dérive, soit elle changeait de comportement. » Et de requérir 18 mois avec sursis assortis d’une obligation de soins.

Le tribunal a finalement décidé de relaxer la prévenue au bénéfice du doute, estimant que s’il y avait eu négligence de sa part, il n’y avait pas eu une volonté de délaisser son enfant. Suite à ces faits, une procédure d’assistance éducative a été lancée par le juge des enfants.