Thoiry: un couple condamné pour des violences conjugales réciproques

Les affaires de violences conjugales sont monnaie courante au tribunal (photo d’illustration)
Les affaires de violences conjugales sont monnaie courante au tribunal (photo d’illustration)

Quand les gendarmes sont arrivés devant l’appartement une porte de placard bloquait la porte d’entrée. Leur constat fait état d’un grand souk régnant à l’intérieur de l’appartement. Un enfant de 4 ans jouait sur un tapis maculé de sang.

Du sang sur le visage

C’est la voisine du dessus qui a appelé les forces de l’ordre à la demande d’un homme qui avait du sang sur le visage (l’auteur et la victime).

Une altercation de plus au sein de ce couple qui en est venu une nouvelle fois aux mains sous l’effet d’une forte consommation de bière (0,90 mg pour l’un et 88 mg pour l’autre). Elle a sauté sur lui, l’a griffé au visage et lui, pour se défendre, il a tiré les cheveux de sa compagne et lui a porté un coup au visage « C’est lui qui s’est fait mal en me tapant, il était en train de m’étrangler », justifie la jeune femme à la barre. « Elle hurlait, elle était complètement hystérique, je lui ai dit d’arrêter, mon fils hurlait je voulais la faire taire », répond son compagnon qui contrairement à elle reconnaît face au juge avoir porté des coups et lui avoir serré le cou.

A la fois victimes et prévenus

Dans cette affaire, tous deux sont à la fois victimes et prévenus. Elle demande 3000 € de dommages et intérêts, lui seulement l’euro symbolique.

Bien difficile pour le tribunal de démêler le vrai du faux dans leurs témoignages respectifs. La violence réciproque est devenue une vraie banalité dans ce couple qualifié de toxique et pathologique par l’une des avocates.

Le parquet a fait le constat d’une relation de couple désastreuse. Huit mois de prison avec sursis ont été requis pour lui. Six mois pour elle, toujours avec sursis, avec interdiction d’entrer en contact l’un l’autre. Peine adaptée compte tenu de la longueur des ITT différente sur la dernière altercation.

Le tribunal n’a pas voulu différencier les deux peines : huit mois de prison avec sursis pour les deux. Lui a reçu l’euro symbolique demandé, elle percevra 400€ au titre du préjudice moral.

L’enfant a fait l’objet d’une décision de placement dans l’attente d’un jugement d’une autre juridiction.