Cessy : prison requise contre un vigile suspecté d’agressions sexuelles

L’affaire s’est passée dans le Pays de Gex
L’affaire s’est passée dans le Pays de Gex

Quand elle pénètre dans les locaux de la gendarmerie au matin du 31 mars 2016, la jeune femme apparaît sous le coup de l’émotion. Une fragilité psychologique qu’attestera son hospitalisation. Elle vient porter plainte pour quatre agressions sexuelles dont l’une commise la veille sous la menace d’un couteau. Les faits ont eu lieu à Cessy. Elle dénonce en détail les agissements de son agresseur un vigile qu’elle a connu dans le même magasin où elle travaillait à Thoiry.

Trois ans plus tard elle témoigne à la barre du tribunal de Bourg-en Bresse puisque l’affaire après une longue instruction a été finalement correctionnalisée sous la prévention d’agressions sexuelles avec violence. Pourtant la victime parle bien de viols avec des pénétrations vaginales, buccales et anales qu’elle aurait subies sous la contrainte lors ce premier trimestre 2016. Des tests ADN de sperme ont confirmé ses dires. Mais Le prévenu a toujours nié. Non pas d’avoir eu des relations sexuelles avec cette jeune femme, mais il prétend qu’elle était consentante.

Un manipulateur proférant des menaces

Une longue enquête portant sur les collègues et proches de cet homme âgé de 31 ans, également sur le bornage téléphonique du prévenu et de la victime, a permis de mieux appréhender les affirmations de l’un et de l’autre et mieux vérifier les emplois du temps respectifs.

Selon la plupart des collègues femmes qui ont travaillé avec lui, cet homme serait un manipulateur, un beau parleur, très entreprenant avec la gente féminine et n’hésitant pas à proférer des menaces quand il n’arrive pas à ses fins. Avec une bonne dose de mythomanie, puisqu’il se faisait passer pour un caïd d’un réseau de drogue de Marseille montrant à l’envi sur son portable un soi-disant membre de sa famille une kalachnikov en main.

Sa première épouse rencontrée sur Facebook n’en dresse pas un tableau beaucoup plus reluisant, évoquant des faits de violence. Quant à sa compagne au moment des faits, il dit qu’elle lui a pardonné des « écarts » et que depuis « elle lui a fait deux beaux enfants ».

« J’avais peur »

« Il me faisait du chantage physique et psychologique », poursuit à la barre la victime justifiant ses visites au domicile de son agresseur par les menaces qu’il lui proférait ainsi qu’à sa famille. L’avocat d la défense, Me Véronique Giraud s’interroge tout de même: « Mais pourquoi n’avez-vous pas porté plainte plus tôt ? Pourquoi n’avez-vous pas changé de numéro de téléphone portable puisque à l’époque les dernier faits vous ne travailliez plus avec lui ». «Je l’ai suivi parce qu’avais peur » répond la jeune femme.

Le parquet a prononcé un réquisitoire sur la base de la culpabilité du prévenu : six ans de prison dont trois avec sursis. L’affaire a été mise en délibéré. Le jugement sera rendu le 19 novembre.