Sylvain Bauduret, invité du festival BD dans l’Ain : «Dessiner pour raconter des histoires»

Sylvain Bauduret est originaire du Pays de Gex.
Sylvain Bauduret est originaire du Pays de Gex.

Né à Genève en 1992, il a grandi dans le Pays de Gex, à Divonne-les-Bains. Après une scolarité au collège et au lycée Jeanne-d’Arc de Gex, il poursuit ses études à Chambéry, validant un DUT (diplôme universitaire de technologie) en sciences des matériaux, option arts appliqués, puis une licence professionnelle en gestion de projets industriels. Il débute sa vie professionnelle comme dessinateur industriel… Avant d’être rappelé par la bande dessinée (BD).

De quand date cette passion pour la BD ?

Lorsque j’avais 10, 12 ans, on se réunissait avec des copains de quartier, à Divonne. Chacun amenait du papier et des crayons, on dessinait tous ensemble. On m’a dit que j’avais un bon coup de crayon. Je me suis intéressé aux mangas avant de revenir rapidement à la BD classique franco-belge. Ma grand-mère avait coutume de m’offrir, à chaque Noël, un album d’Astérix. J’ai commencé à copier les personnages, à regarder comment on construisait une case de BD. Je me suis rendu compte que j’avais envie de dessiner pour raconter des histoires et pas uniquement pour faire des beaux dessins. C’est toujours le cas maintenant.

Comment en avez-vous fait votre métier ?

Ce fut un long parcours, durant lequel il a fallu persévérer. J’ai commencé par me faire un réseau, j’ai progressé en demandant à d’autres auteurs un retour sur mon travail. Tout en travaillant comme dessinateur industriel dans un bureau d’études, j’ai commencé à démarcher des éditeurs. C’est très compliqué, ces derniers ont du mal à miser sur des jeunes pousses. Après beaucoup d’échecs, j’ai pensé à tout arrêter. En 2018, avec ma compagne, on a décidé de changer de vie. On s’est installé en Bourgogne et j’ai décidé de me consacrer à la BD, à 100 %. Il faut croire que j’ai eu raison puisque je viens de signer mon premier contrat avec Delcourt, la plus grosse maison d’édition de BD franco-belge.

Quels sont vos sources d’inspiration, votre univers ?

Au début, j’ai fait de la BD humoristique. Très vite, je me suis tourné vers des BD plus réalistes, comme Blacksad. Je me suis «spécialisé» dans l’aquarelle, c’est ce qui fait ma force maintenant. Je fais tout à la couleur directe. A partir de là, je me suis intéressé plus largement au milieu de la BD, plutôt contemporaine. Dernièrement, j’ai rencontré Sylvain Vallée, auteur de la série à succès Il était une fois en France, chez Glénat. Il m’a pris sous son aile, m’aide, me suit régulièrement, regarde mon travail.

Combien de BD avez-vous réalisées ?

Le pouvoir de l’arc-en-ciel a été mon premier livre cartonné, avec mon nom sur la couverture. J’ai également travaillé pour les éditions Petit à Petit, une maison spécialisée dans les documentaires en BD. J’ai notamment participé à un album collectif sur les châteaux de la Loire, à L’histoire incroyable des Jeux olympiques en BD, à une revue spécialisée dans les sciences humaines et sociales qui s’appelle Soif et pour le tome 2 d’une BD sur l’histoire de Lille.