La sécurité n’est pas un sous-sujet pour la Ville d’Annemasse

La sécurité n’est pas un sous-sujet pour la Ville d’Annemasse

Face à une attitude qu’il considère comme déplacée de la part d’agents de la mairie, l’élu en charge de la Tranquillité publique et lutte contre les incivilités, Éric Minchella, a tenu à mettre les choses au clair en apportant sa vision de ce dossier sensible.

Quelle est votre première réaction face à ces accusations ?

Ce n’est pas la première fois qu’on tente de déstabiliser ce service. Il y a des propos mensongers et ce manquement au devoir de réserve sera réglé en interne. C’est une démarche nouvelle et une façon particulière de vivre le dialogue social.

On vous reproche souvent de faire passer la sécurité au second plan…

Jamais ce sujet n’a été sous-estimé, bien au contraire. Pourquoi aurions-nous équipé nos agents à ce point, pourquoi aurions-nous fait de tels efforts pour recruter de nouveaux policiers si ce n’était pas une priorité pour la Ville et pour alerter les pouvoirs publics de la situation dans l’agglomération ? Nous avons accompagné la création du nouvel hôtel de police, nous avons créé une brigade de nuit, une cynophile et j’en passe… Nous connaissons la situation à Annemasse et on ne fait pas comme si cela n’existait pas.

Mais alors, comment la police municipale peut participer à la lutte contre la délinquance ?

Déjà, je tiens à redire que la police municipale n’est pas une sous police. Elle a des missions spécifiques, donc n’est ni inférieure ni supérieure à une autre. Il y a des missions conjointes avec la police nationale et c’est très important pour le territoire mais quand il manque autant de fonctionnaires au commissariat, la police municipale ne peut pas s’y substituer car ce n’est pas son rôle.

Vos policiers se disent en sous-effectif, qu’en pensez-vous ?

Avec les cinq ASVP, le service est constitué de 33 agents et bien entendu, tout le monde n’est jamais présent en même temps. Sur le terrain c’est pareil, avec les repos, les formations, les arrêts et les 35 heures, l’ensemble des effectifs n’est pas mobilisable en permanence. De plus, la situation d’Annemasse et sa proximité avec la Suisse rendent les recrutements et les remplacements très difficiles. À noter qu’aucun autre service de la Ville n’a bénéficié d’autant de créations de postes en 8 ans.

Et concernant les locaux vétustes ?

Déjà pour les voitures, rien de particulier à dire mis à part que nous sommes dans la gestion habituelle du parc automobile. Ensuite pour les locaux, oui il y a un problème dont nous avons conscience mais qui a pris plus de temps que prévu pour le régler. Nous avons deux scénarios qui prennent le même temps à mettre en place et qui nous amènent à 2022. Mais nous aurons des locaux parfaitement adaptés et visibles. C’est donc bien une priorité. Enfin je tiens tout de même à dire que, même si effectivement, les locaux actuels sont vétustes, la mission primordiale de la police est d’être sur le terrain au maximum. L’usage des locaux étant principalement dédié aux prises de fonction et aux temps de repos.

Allez-vous donc rétablir la communication avec le service ?

Il y en a toujours eu. Alors oui, en effet, je ne passe pas les troupes en revue tous les matins, mais j’ai des entretiens réguliers avec la hiérarchie et il nous arrive régulièrement de recevoir des policiers en entretien. Ce n’est pas un service qu’on a mis au placard, bien au contraire.

Trois types de délinquance à Annemasse

Bien que l’une des missions principales de la police municipale soit de faire respecter les arrêtés du maire, elle peut aussi être confrontée à trois types de délinquance.

– La délinquance habituelle que connaissent toutes les villes de cette taille. Des problèmes locaux quantifiables facilement.

– Une délinquance plus liée aux incivilités quotidiennes qui peuvent rapidement pourrit la vie des habitants.

– Une délinquance plus spécifique liée à la proximité avec Genève et qui attire des individus qui peuvent venir de loin.