«Il faudra deux-trois ans avant de respirer à nouveau»

«Il faudra deux-trois ans avant de respirer à nouveau»

Arnaud Cornu, président du GNI-Fagith (syndicat des hôteliers et restaurateurs) d’Annecy et de ses environs, comment se sont passés les mois de juillet et août pour la restauration et l’hôtellerie annécienne ?

On a réussi à faire aussi bien en juillet et août 2020 qu’en juillet et août 2019 mais sans plus. Sans boost. On a eu un afflux de clientèle française assez important mais assez peu d’étrangers. C’était du 95/5.

L’extension des terrasses a-t-elle été utile ?

Oui, mais à nouveau sans provoquer d’extra. Par exemple, avant, vous pouviez mettre 5 tables sur 10 m2. Et pendant, vous pouviez mettre 5 tables mais sur 20 m2. Donc au final, ça fait toujours 5 tables.

Et pour le personnel ?

Ça a été très compliqué. Avant la saison, on n’a pas embauché parce qu’on ne savait pas où on allait. Et au final, on a travaillé beaucoup, plus que ce qu’on pensait, donc le personnel est un peu sur les rotules.

Comment imaginez-vous le mois de septembre et l’automne qui arrivent ?

On attend les seniors et les gens sans enfants mais actuellement, on n’a pas beaucoup de visibilité.

On ne vous sent pas serein pour l’avenir…

Pour le moment, je suis assez pessimiste en effet. On a tous eu des chutes très brusques de nos chiffres d’affaires et malgré le bel été qu’on vient de vivre, on ne rattrapera pas ce qui a été perdu. On a bien emprunté des PGE (prêts garantis par l’État) mais cet argent s’amenuise et il faudra bien le rembourser un jour ou l’autre. À mon avis, il va y avoir de la casse dans les mois qui viennent et pour ceux qui s’en sortent, il faudra deux ou trois ans avant de respirer à nouveau.