«Les sœurs ont marqué ma vie»

En 1987, les soeurs étaient au nombre de 14 à Thonon.
En 1987, les soeurs étaient au nombre de 14 à Thonon.

L’annonce du départ des sœurs salésiennes de Thonon a provoqué une immense vague de réactions, toutes plus positives les unes que les autres. Des milliers d’élèves, comme Nath, ont effectué une partie de leur scolarité sous l’œil toujours bienveillant des religieuses. « Je me souviens de sœur Marie-Françoise, qui était une sœur d’une douceur incroyable. J’étais triste quand elle est partie, car elle avait été appelée pour une mission en Afrique, confie la Thononaise. Je me rappelle des tables en bois dans la cour, sous les châtaigniers, avec les sœurs qui nous donnaient à manger du pain, des pâtes de fruits, ou du chocolat quand il y en avait, mais c’était rare. »

Football et catéchisme

« Je n’ai que de jolis souvenirs à Jeanne-d’Arc, avec sœur Jacqueline et sœur Marthe qui soignaient nos bobos d’enfants à l’infirmerie, se souvient cette autre ancienne élève des lieux. À l’époque, on avait des cours de théâtre dans un bâtiment qui a été détruit depuis, et remplacé par l’école maternelle. C’était des moments magiques… »

Au fil des années, les sœurs ont su toucher en plein cœur tous les élèves passés entre les murs de l’école Jeanne-d’Arc. « Elles ont marqué ma vie. Si je suis la femme que je suis aujourd’hui, c’est en partie grâce à elles. Elles avaient toujours la petite attention, le petit mot, pour nous faire sourire, pour soigner nos bobos », glisse, émue, Pauline. Estelle est aussi nostalgique de ses années passées aux côtés des sœurs salésiennes : « Que de souvenirs de cette école, combien de fois les sœurs nous auront mouchés, consolés, ramassés, soignés quand nous étions enfants ? Je me souviens du sucre avec la goutte de remontant, des cours de catéchisme dans la tour, des activités du mercredi comme le point de croix et le théâtre. ».

Le départ des religieuses laissera sans aucun doute un vide immense entre les murs de Jeanne-d’Arc. Et pour cause, les sœurs savaient tout faire. « Je me souviens d’un jour où on jouait avec un ballon en mousse dans la cour. D’un coup, une passe loupée atterrit dans les pieds d’une sœur qui passait par là, et qui a ensuite fait un tir magnifique pour marquer », raconte, hilare, Guillaume. Louise y va aussi de son anecdote : « Dans la cour de la maternelle, il y avait une descente, dans laquelle on faisait rouler des pneus pour faire la course. Une fois, une sœur s’est mêlée à la course et elle a gagné ! » Si les sœurs s’en vont, les souvenirs de ceux qui les ont fréquentées sont loin de s’envoler.