Albertville : une réunion publique pour pallier le manque de concertation

L’aménagement de l’esplanade pour les manifestations (2 sur le plan) et le rétrécissement de l’avenue Fontanet avec création d’une promenade piéton et cycle (3 sur le plan) fait partie du projet de ZAC olympique.
L’aménagement de l’esplanade pour les manifestations (2 sur le plan) et le rétrécissement de l’avenue Fontanet avec création d’une promenade piéton et cycle (3 sur le plan) fait partie du projet de ZAC olympique.

Il n’y avait pas assez des 80 chaises prévues pour accueillir toutes les personnes venues assister à la réunion publique organisée sur l’aménagement de la ZAC du parc olympique vendredi 24 juillet. D’entrée de jeu, le maire Frédéric Burnier Framboret, qui avait initié la rencontre en réponse à l’opposition manifestée par les habitants suite à l’abattage des arbres parc du Sauvay, a reconnu sa responsabilité dans la méconnaissance du projet par les habitants  : « Effectivement, on a sûrement pêché par la communication sur ce projet ». Le premier magistrat ainsi que le bureau d’étude en charge de la conception de l’aménagement l’ont présenté.

Si les habitants qui ont pris la parole ont pour la plupart reconnu la qualité du projet, ils ont tous buté sur l’aménagement de l’esplanade, ne comprenant pas sa nécessité et surtout son intérêt à cet endroit là. « Pourquoi cette esplanade au milieu du parc olympique alors qu’il n’y a rien à l’ex-Samse ? », interpelle quelqu’un dans la salle. Le maire a indiqué qu’il existait « des prospects sur ce terrain et qu’il allait être vendu ». « Pourquoi vendre ce terrain alors qu’il est déjà prêt pour faire une esplanade? », renchérit le même monsieur. « S’il s’agissait uniquement d’accueillir la fête foraine, j’ai envie de vous dire oui. Mais les aménagements présentés permettent d’organiser toutes les manifestations des associations albertvilloises. Pour cela, on est mieux dans un parc qu’au bord de l’avenue Winnenden », avance l’édile. Une dame s’étonne néanmoins :  « Des événements avaient déjà lieu au parc du Sauvay et ça ne les dérangeait pas de s’installer sur l’herbe... » « Ça permettra d’accueillir de nouvelles manifestations. Le sujet c’est d’avoir un équipement adapté. L’idée, c’est pas d’avoir seulement 3 semaines par an la fête foraine », soutient Frédéric Burnier Framboret. Un autre habitant s’inquiète de la « disparition d’un certain nombre de possibilité de parking ». Le maire répond que « si l’on parle que de l’avenue Fontanet, on perd le stationnement en épi qui n’est pas très efficace. Il y aura du parking le long des commerces de l’autre côté de l’avenue. Il ne sera pas en zone bleue ». Mais une dame complète la question initiale : « J’avais compris que l’esplanade allait servir de parking ». Le premier magistrat précise que ce n’est pas le cas, mais que l’esplanade « peut jouer le rôle de poche de stationnement lors de grands événements à la Halle. C’est l’affaire de 5 jours par an ».

Il est d’ailleurs revenu là-dessus plus tard en admettant que cette possibilité pouvait être supprimée si les habitants y tenaient. Quelqu’un a aussi demandé combien coûtait l’aménagement et quelle était la durée des travaux. L’aménagement de l’esplanade et de l’avenue Joseph-Fontanet « s’élève à 2 millions d’euros hors subvention. La fin des travaux sur cette partie du projet est prévue pour janvier 2021 », indique le maire.

Plus de concertation et de vert

D’autres personnes sont intervenues au cours de la réunion dont deux avec un support visuel présenté à la salle. Tout d’abord, Julien Yoccoz, président  d’ «   Altenative citoyenne » (une association qui promeut la démocratie participative) est revenu sur la concertation des habitants en reprenant notamment les éléments présentés dans le journal municipal L’Albertvillois. « Une seule phrase mentionne l’esplanade : « Une espalande va être matérialisée pour accueillir les événements dont la fête foraine ». On ne peut pas se douter en lisant cette phrase qu’il va y avoir une dévégétalisation ». Ensuite, c’est Maryline Hamda, l’initiatrice de la protestation qui a présenté une série de photos des aménagements municipaux venus mordre sur les espaces verts : le stade Baneton, la cantine scolaire de Saint-Sigismond et l’esplanade. Soulignant  : « Nos enfants sont de moins en moins exposés à la nature ».

Le maire indique que face au 26 arbres abattus, il est prévu d’en replanter 173 surtout sur la promenade de l’avenue Fontanet qui va être créée à la place des parkings et de la diminution de la largeur de la voirie.

L’économie plus que l’écologie

Deux élus de la minorité municipale sont intervenus également. Claudie Léger, élue écologiste a déploré « ne pas avoir eu ce détail d’information-là dans la commission de suivi de la ZAC qui s’est réunie 2 fois en 4 ans. Nous, non plus on est pas informé». Laurent Graziano élu du même groupe au conseil municipal a indiqué que « pour être une minorité qui n’est pas une opposition, il faut être au courant ». Il est par ailleurs revenu sur l’option de l’esplanade sur la friche Samse. « Si on ne met pas l’esplanade à cet endroit-là, c’est qu’on ne veut pas payer le prix de son aménagement. Le vrai prix de l’aménagement de l’esplanade sur l’ex-Samse, c’est le suivant. Le m² de terrain sur la ZAC vaut 155 euros multiplié par 10 000 m², cela revient à 1 million pour l’acquisition du terrain. On a arbitré entre l’écologie et l’économie et l’arbitrage a penché du côté de l’économie.

Le projet prévoit la création d’une esplanade notamment pour la fête foraine et la replantation d’arbres autour du mat olympique.