Entre ubérisation et bateaux ventouses, les inquiétudes des gestionnaires des ports du Léman

L'assemblée générale des ports du Léman s'est tenue à la salle des Châtaigners, à Publier.
L'assemblée générale des ports du Léman s'est tenue à la salle des Châtaigners, à Publier.

Chablais

C’est en présence d’Alexis Ellul, secrétaire général de la Fédération française des ports de plaisance, que Christian Vignaud, président de l’Union des ports du Léman et adjoint au maire de Sciez, a animé l’assemblée générale de son association. Elus et gestionnaires de ports publics ou privés sont venus s’informer de l’évolution du domaine portuaire sur la rive française, mais aussi porter leurs doléances sur les problèmes rencontrés.

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L’ubérisation touche aussi la plaisance

Côté Léman « les particuliers louent leur embarcation, par le biais de sites en ligne (Click and Boat, Le Bon Coin…), sans se soucier de la connaissance en navigation des personnes, des détentions d’assurances », déplore Christian Vignaud. Des risques qui inquiètent les gestionnaires de port vis-à-vis de ces plaisanciers d’un jour, mais aussi des usagers du lac, sans compter la concurrence déloyale engendrée par ces nouvelles pratiques. Salon la fédération « ces plates-formes sont minoritaires en nombre de demande. L’ubérisation n’est pas à rejeter puisqu’elle apporte une vie économique dans nos ports. Est-ce que c’est à un gestionnaire de port de vérifier les connaissances nautiques des personnes, les assurances d’un bateau ? Notre réponse est non. C’est un problème juridique compliqué qu’on essaie de traiter avec l’Etat. »

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Les places de port se transforment en chambres à coucher

Nul ne l'ignore : il y a un manque énorme de places dans les ports du Léman. Ce qui incite les propriétaires à laisser leur bateau à quai pour ne pas perdre l’emplacement, quand d’autres se servent de leur embarcation comme habitation. Au final, ces places sont utilisées au détriment de vrais plaisanciers qui sont sur liste d’attente. La fédération évoque l’exemple des ports du Rhin et de la Moselle qui font payer une surtaxe aux bateaux ventouses.

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Des incivilités qui restent impunies

Alcool, drogue mais aussi excréments qui flottent à la surface des eaux apportent des nuisances environnementales difficiles à gérer. Les gestionnaires de port constatent un laxisme des autorités, qui ont pourtant la loi avec eux. Les solutions existent : instaurer un permis de naviguer qui pourra être retiré en cas d’ivresse, imposer un contrôle régulier des embarcations ou encore faire comme sur le côté suisse du lac, boucher à la résine les évacuations des eaux usées existantes des bateaux.

Didier Dutruel

Il manque 800 places de port

D’après une étude de la Société internationale de sauvetage du Léman, ce sont environ 19 000  embarcations immatriculées qui naviguent sur le Léman. Sur les 70 ports qui se répartissent sur les 200 kilomètres de rive du lac, une douzaine sont en France.

Actuellement, les ports du Chablais proposent environ 3 000 places, hors ports privés. D’après une étude du SCOT (Schéma de cohérence territoriale) il manquerait quelques 800 places.

Publier devrait créer 200 places supplémentaires dans le cadre d’un village portuaire. « Deux candidatures pour concourir sur ces projets ont été récemment validées par la mairie et devraient être validées dès le début décembre par l’Etat  », a précisé le maire Gaston Lacroix.