L’Aéroport de Genève prend des mesures pour limiter les vols après 22 heures

Les vols après 22 heures sont beaucoup trop nombreux à l’aéroport de Genève.
Les vols après 22 heures sont beaucoup trop nombreux à l’aéroport de Genève. - © DRK

L’initiative populaire « Un pilotage démocratique à l’aéroport de Genève- Reprenons en main notre aéroport » veut que soit inscrite dans la Constitution genevoise, la prise en compte de la qualité de vie riveraine et de l’environnement davantage que des besoins économiques. C’est l’objet de la votation du 24 novembre prochain. Le Grand conseil genevois, dans son contreprojet, argue que l’AIG est soumis à un cadre légal abondant.

Une conférence de presse opportune

Dans ce contexte, le directeur de l’AIG, André Schneider a expliqué le 31 octobre dernier qu’il tenait à prendre les devants en signant un accord pour réduire le bruit, déclaration conjointe, avec deux grandes compagnies d’aviation : Swiss International Ail Lines, représentée par Lorenzo Stoll et avec Easy Jet Switzerland SA, représentée par Jean-Marc Thévenaz, directeurs généraux.

« Les 236.000 mouvements du trafic aérien prévus pour 2030 ? Une estimation et non une réalité, ce n'est pas notre objectif » a assuré le directeur de l'AIG.
« Les 236.000 mouvements du trafic aérien prévus pour 2030 ? Une estimation et non une réalité, ce n'est pas notre objectif » a assuré le directeur de l'AIG. - © DRK

S’attaquer à la courbe de bruit !

Les nuisances sonores peuvent, jusqu’à un certain point, être contrecarrées par des dispositions très techniques dont les compagnies aériennes ont le secret : avions plus légers et moteurs extrêmement propres, par exemple. Elles s’appuient, notamment sur Safran-Toulouse. Les deux compagnies cosignataires s’engagent à poursuivre leurs efforts. Elles ont déjà mis à disposition des « avions de réserve » pour débloquer les situations d’engorgement. Là où le bât blesse, c’est concernant le retard des avions, soumis eux-mêmes au trafic international encombré. Les vols après 22 heures sont beaucoup trop nombreux ! « Les décollages du soir créent beaucoup plus de nuisances sonores pour les riverains », explique André Schneider. Il s’engage donc à limiter autant que possible les décollages au-delà de 22 heures, tout en reconnaissant que cela ne dépend pas uniquement de l’aéroport genevois.

Une politique de « petits pas » !

André Schneider rappelle que la vocation de l’aéroport de Genève est tout de même d’être international et qu’on n’y dérogera pas ! Un accord établi en 2018, entre la Confédération et le canton de Genève, vise à stabiliser immédiatement, puis à réduire d’ici 2030, la courbe de bruit. Un nouveau règlement d’exploitation par l’Ofac (Office fédéral de l’aviation civile) est à l’étude, avec un mécanisme de quota pour les retards d’au-delà de 22 heures, et une nouvelle voie de sortie de la piste.

Déchiffrage

Courbe de bruit : éléments chiffrés, calculée chaque année. Présentée à la Commission consultative pour la lutte contre les nuisances dues au trafic aérien (CCLNTA).

1 décollage de nuit : 10 fois plus de bruit que le jour (6-22h).

Nombre de décollages après 22h : 9 196 (2018), 8 666 (2019). Soit, 16 % des décollages, 29 par jour.

2017 : +120 % de redevances bruit.

Novembre 2018 : plan sectoriel de l’infrastructure de l’aéronautique (PSIA), la Confédération fixe la courbe de bruit à moyen terme et une courbe à bruit inférieure pour 2030.

2021 : taxes incitatives pour les avions les moins bruyants et quotas pour les décollages après 22 h.