Nantua : l’ancienne gare, une riche histoire…

A partir de septembre, un nouvel enduit a été posé sur les murs extérieurs. C’est à l’occasion de la création de la ligne ferroviaire entre Bourg-en-Bresse et Bellegarde-sur-Valserine que le bâtiment principal de la gare est construit. Celle-ci est mise en service le 1er avril 1882 par la compagnie des Dombes et des chemins de fer du sud-est qui exploite cette nouvelle voie dénommée ligne des Carpates.

Le 1er janvier 1884, cette gare devient la propriété de la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) qui a acheté la compagnie des Dombes et des chemins de fer du sud-est. En 1889, deux annexes de 4,70 mètres sont édifiées de chaque côté. Et quelques années plus tard, l’aile sud est agrandie.

La fin d’une gare

Cette gare ferme définitivement en 1990 quand la société nationale des chemins de fer français (SNCF) décide la suppression de la ligne entre La Cluse et Bellegarde-sur-Valserine. Le 12 décembre 2010, cette voie ferroviaire devenue ligne du Haut-Bugey est rouverte pour permettre le passage du TGV Lyria entre Genève et Paris… Mais la gare reste fermée.

En 1996, l’office de tourisme du pays de Nantua-Haut-Bugey est installé dans l’aile nord, avant d’aller au bord du lac à l’espace 3 lacs, en janvier 2015, tandis que le club des Daphnés est installé dans le bâtiment central et l’occupe toujours à ce jour.

En 2014, la mairie qui louait la gare à la SNCF, la fait acheter par l’établissement public foncier (EPF) et en 2016, l’espace de vie sociale ouvre dans l’aile nord.

Une tragique journée

Le mardi 14 décembre 1943 est la page la plus sombre de cette gare. A 7 h 50, d’un train venant de Bellegarde-sur-Valserine débarque 500 militaires allemands (SS et forces de police) qui bloquent rapidement tous les accès à la ville.

Environ 130 hommes, âgés de 18 à 40 ans (dont des collégiens ; le premier adjoint au maire, Antonin Allante ; le capitaine de gendarmerie, Paul Vercher et le chef de l’armée secrète, le docteur Emile Mercier) sont arrêtés et rassemblés sur la place de la gare.

Le docteur Mercier est emmené en voiture, en direction de Bourg-en-Bresse, et il est fusillé à Maillat, tandis que le train emmène, vers 13 h, les raflés, en direction de Compiègne, à Royallieu, avant qu’ils ne soient déportés au camp de concentration de Buchenwald.