Thonon : la Chambre régionale des comptes relève des irrégularités dans la gestion de la ville

La chambre régionale des comptes a rendu un rapport de 75 pages sur la gestion de la commune.
La chambre régionale des comptes a rendu un rapport de 75 pages sur la gestion de la commune.

Thonon-les-Bains

La Chambre régionale des comptes (CRC) d’Auvergne-Rhône-Alpes, juridiction administrative financière chargée de vérifier les comptes des collectivités locales, a rendu un rapport d’observations de 75 pages sur la gestion de la Ville de Thonon-les-Bains entre 2012 et 2018.

Les factures de restaurant sont exorbitantes

Vrai

C’est écrit noir sur blanc. « Malgré une gestion globalement bien maîtrisée, des irrégularités ont été relevées concernant l’octroi d’avantages en nature ou de frais de représentations ». La CRC cite notamment « des frais de restaurations (…) pris en charge dans des conditions qui ne permettent pas de s’assurer de leur intérêt communal ». Pas forcément une surprise. En 2016, le directeur de cabinet du maire avait ainsi été au cœur d’une polémique concernant des notes de restaurant astronomiques. Entre 2012 et 2016, le rapport pointe « 755 factures d’un montant total de 93 000 euros. » Seule une trentaine mentionnait la fonction des convives. Après la mise à jour de ces dérives, ces frais de bouche ont bien diminué puisque de mi-2016 à décembre 2017, la CRC recense uniquement 36 factures. Et cette fois, la majorité de ces dernières indiquent la qualité des convives.

Le coût de certains grands travaux ont dérapé

Vrai

Autre point soulevé par ce rapport de la Chambre, un dépassement de budget important dans le cadre de certains gros projets de la ville, comme les chantiers du pôle culturel de la Visitation, de l’école Jules-Ferry ou encore du théâtre Maurice-Novarina. Pour Jules-Ferry, la facture a ainsi augmenté de plus 235 % sur le coût initialement prévu ! Pour l’aménagement du pôle culturel de la Visitation, la note a augmenté de 89 %, soit plus de 6 millions d’euros. Selon la CRC, « le caractère systématique des très fortes augmentations d’enveloppe par rapport aux coûts initiaux sur les opérations d’investissement majeures devrait amener la commune à revoir ses processus de programmation ».

Le maire délègue beaucoup à ses adjoints

Faux

Dès les premières pages de son rapport, la CRC relève que le maire signe quasiment tous les actes de la commune et ne délègue que très peu. Par exemple, le directeur général des services (DGS) dispose d’une délégation mais uniquement pour signer les actes d’état-civil. « La chambre souligne la fragilité d’une telle organisation centralisée, notamment au regard du principe de continuité du service public ». Comprenez : Jean Denais est omniprésent. Néanmoins, rien d’illégal là-dedans. Autre point souligné : la grande stabilité de l’organigramme et des équipes de direction qui selon la CRC « peut expliquer la faible formalisation de procédures complexes mais maîtrisées du fait de l’ancienneté des agents ».

La voiture du maire pose problème

« Le maire dispose, bien que le conseil municipal n’ait pris aucune délibération dans ce sens, d’un véhicule, d’une carte de carburant et d’une carte d’autoroute » affirme la Chambre régionale des comptes. Celle-ci constate également que « les factures de carburant (968 euros) et de péage (834 euros) semblent témoigner d’une utilisation au-delà des besoins des fonctions municipales ». Cette voiture fait donc tiquer la Chambre qui demande à la commune de prendre les délibérations nécessaires pour ce genre d’avantages. Tout en précisant que « Jean Denais a fait un chèque de 1 850 euros (ndlr : soit un peu plus que la somme des factures de carburant et de péage équivalente à 1 802 euros), sous forme de don au CCAS le 3 mai 2019. »