A Sciez, une habitante des Grands Crêts demande des comptes à son office HLM

En réponse à Pascale Lachaussée, Haute-Savoie Habitat déclare que les prévisions de charges entre 2017 et 2019 devraient être à la baisse.
En réponse à Pascale Lachaussée, Haute-Savoie Habitat déclare que les prévisions de charges entre 2017 et 2019 devraient être à la baisse.

Sciez

Chez Pascale Lachaussée, les dossiers sont minutieusement empilés les uns sur les autres. Assise dans son salon, la Sciezoise épluche avec énergie ses décomptes de charges collectives.

1

70 000 euros en attente ?

En prenant publiquement la parole, cette habitante des Grands Crêts veut dénoncer un silence qu’elle et plusieurs de ses voisins, jugent intolérable. « Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas eu les rappels de charge des années 2017 et 2018. Normalement, les décomptes tombent chaque année », se désole la Sciezoise, courriers à l’appui. « J’estime qu’on est attente d’environ 70 000 euros pour les 58 résidents ! », argue-t-elle, se plaignant de n’obtenir aucune réponse concrète de la part du bailleur social.

Contacté par nos soins, Haute-Savoie Habitat s’est exprimé et a expliqué rencontrer « une difficulté liée à la dépose de compteurs d’eau par le prestataire chargé de l’entretien de ceux-ci et des relevés des index de consommation. Nous avons des craintes d’inversion de compteurs entre plusieurs appartements et afin de pénaliser aucun locataire, nous devons effectuer des relevés de contrôle pour vérifier la véracité des informations communiquées par le prestataire », justifie la directrice de la gestion locative, Catherine Sallaz, qui précise qu’un bailleur bénéficie de trois ans pour régulariser les charges. L’opération de contrôle devant se terminer en novembre, la situation devrait être réglée dans la foulée, à en croire l’office HLM.

Plusieurs habitants des Grands Crêts se plaignent d’un manque de transparence dans la régularisation de leurs charges.
Plusieurs habitants des Grands Crêts se plaignent d’un manque de transparence dans la régularisation de leurs charges.

2

Le chauffage en question

Mais la Sciezoise ne s’arrête pas là. Elle pointe du doigt des coûts de chauffage qu’elle estime excessifs depuis le passage en 2013 du fioul au gaz naturel dans son immeuble. « On arrive quand même à 45 000 euros pour l’année 2013 avec une chaudière neuve. Comment est-ce possible ? » Tout en soutenant que « les charges entre 2013 et 2016 ont baissé de 20 % » Catherine Sallaz analyse ces coûts de chauffage comme dépendant « de la rigueur climatique » mais surtout « de l’évolution du prix unitaire de l’énergie », rappelant qu’une nouvelle taxe sur le gaz naturel a été appliquée par le gouvernement fin 2014.

3

Des mouvements d’argents non justifiés ?

Méticuleuse, Pascale Lachaussée va jusqu’à signaler « des mouvements d’argent sur les loyers. Les sommes bougent régulièrement et sans justificatif de la part de Haute-Savoie Habitat. » Si Catherine Sallaz confirme qu’il y a bien des changements « de quelques euros » chaque trimestre dus aux évolutions des prix des énergies (voir encadré), elle déclare que dans le cas précis de la Sciezoise « certaines prestations qui sont versées par la caisse d’allocations familiales à son bénéfice génèrent de fortes fluctuations de ses factures. Ces écarts ne sont donc pas du tout de notre fait ».

Benoît Sourd

Un conseil de concertation

Chaque trimestre, Haute-Savoie Habitat réunit un conseil de concertation locative, composé de représentants de locataires pour évoquer le coût des énergies. Comme expliqué par l’office HLM, « ce conseil étudie la rigueur climatique et les évolutions des prix des différentes énergies afin d’estimer si les provisions demandées aux locataires doivent être modifiées à la hausse ou à la baisse pour être au plus juste des estimations et ainsi faire en sorte que la régularisation des charges à venir soit la plus neutre possible ». C’est ce qui explique, selon le bailleur, des modifications de « quelques euros » chaque trimestre sur les loyers.