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Annecy et sa région

jeudi 20.09.2012, 14:00

Municipales 2014 : Jean-Luc Rigaut face au casse-tête de sa nouvelle liste

Parmi les adjoints de 2008, tous n'auront pas de nouveau une place d'ici deux ans. Parmi les adjoints de 2008, tous n'auront pas de nouveau une place d'ici deux ans.
Parmi les adjoints de 2008, tous n'auront pas de nouveau une place d'ici deux ans. Marie-Noëlle Provent quittera la mairie en 2014. Dominique Puthod, un premier adjoint potentiel. Le sénateur et sa co-listière pourraient entrer dans le

Jean-Luc Rigaut devra, d'ici mars 2014, donner la composition de sa nouvelle équipe afin de briguer un second mandat à la tête de la municipalité.


Rien ne filtre officiellement, mais des pistes se dégagent.
Dix-huit mois avant l'échéance des municipales, le jeu des devinettes a commencé. Jean-Luc Rigaut l'affirme : il est encore au turbin pour faire tourner la boutique. La composition de sa future liste, dit-il, ce n'est pas pour tout de suite.
« Ce n'est pas la priorité, je suis dans le traitement des dossiers. Certains y réflechissent sans doute, mais en ce qui me concerne, je n'y pense pas. » Le premier magistrat de la Ville ne veut pas ralentir la cadence. Pas déjà. « Quand on arrive en période l'électorale, l'action se fige. Nous avons le temps avant d'entrer en campagne. » Mais quatre ans et demi après sa victoire, en mars 2008, il est évident que le maire a une idée assez précise des gens avec qui il a envie de (re)travailler. Et ceux, au contraire, avec qui la collaboration ne durera pas. Il lui faudra trouver 44 personnes, dont une partie de "non-encartés", issues de la société civile.

Les proches
Au rang de ceux qui restent, il y aura les plus fidèles, la garde rapprochée : Dominique Puthod, Gilles Bernard, François Scavini entre autres. Sauf contrainte d'ordre de santé ou désir de partir, il n'y a pas de raison qu'il s'en aillent.

Les UMPistes
Bannis de l'UMP, puis réintégrés, plusieurs co-listiers de Jean-Luc Rigaut symbolisent l'union entre le centre et la droite. Ils sont donc indispensables au maire dans le cadre d'une liste de compromis avec l'UMP. Et devraient rester pour la plupart. S'il n'a pas voulu s'avancer, Ludovic Banet confie se sentir bien dans la majorité actuelle. Il n'a pas hésité, dernièrement, à moucher Lionel Tardy sur la polémique des listes électorales. Un gage de loyauté. André Mugnier, dont la large délégation lui donne l'occasion d'une lumière médiatique régulière, semble lui aussi vissé à son siège d'adjoint.
Problème néanmoins : si Jean-Luc Rigaut prend Annabel André-Laurent sur sa liste, elle devrait numériquement remplacer une élue UMP actuellement dans la majorité afin de maintenir les équilibres.

Les plus anciens
Dans le cadre d'un nécessaire renouvellement, les plus âgés de la liste pourraient être amenés à laisser leur place. Jean-Claude Fabbian, Mireille Brasier et Marie-Jo Ménager sont les trois maires-adjoints les plus âgés et les deux premiers n'en sont d'ailleurs pas à leur premier mandat sur Annecy.
Chez les conseillers municipaux sans délégation, Michel Amoudry et Serge Lesimple auront 70 ans en 2014.

Exit Laurent Rosain ?

Laurent Rosain, maire adjoint en charge du commerce et de l'artisanat, n'a pas marqué des points en se lançant dans la campagne des législatives contre Bernard Accoyer. Certes, il a fait marche arrière et se fait aujourd'hui discret, mais il se dit en coulisses qu'il payera sans doute le fait d'être sorti des clous pendant plusieurs mois. Son avenir dans la majorité est compromis.

DOSSIER RÉALISÉ
PAR OLIVIER DURAND


L'Essor savoyard
2014, la fin de l'influence des bossonistes ?

2014 sera-t-elle, pour Jean-Luc Rigaut, l'année où il pourra totalement prendre en main une mairie dont il n'a fait qu'hériter en 2007 ? Les proches du maire affirment que, contrairement à 2008, « ce sera vraiment la liste de Rigaut, et pas celle de Bosson. » Façon de dire que le flou dans l'attribution des pouvoirs n'a que trop duré.
« Je ne sais pas si la mairie a besoin d'être désiamantée, mais je sais qu'elle a besoin d'une nécessaire "débossonisation" », ironise sur le sujet le sénateur Pierre Hérisson.

Marie-Noëlle Provent s'en va
L'actuelle première adjointe, Marie-Noëlle Provent, a d'ores et déjà annoncé qu'elle mettrait un terme à sa carrière d'élue à la fin du mandat en cours. Entrée en politique en 1983, avec Bernard Bosson, Marie-Noëlle Provent aura passé plus de 30 ans au conseil municipal. Depuis que Jean-Luc Rigaut est maire, beaucoup lui ont reproché en coulisses d'exercer un rôle trop important et de détériorer les relations avec les commerçants avec lesquels elle entretient des rapports souvent tendus. Son fort caractère et son franc-parler lui ont valu des jalousies et des inimitiés au sein même d'une majorité dans laquelle elle n'a jamais eu peur de donner son avis, fût-il différent de celui de Jean-Luc Rigaut.
Son départ sera aussi, symboliquement, celui d'une des plus ferventes bossonistes. Marie-Noëlle Provent est l'une des meilleures amies de l'ancien ministre, faisant le lien entre l'ex-premier magistrat de la Ville et l'actuelle municipalité. Un mélange des genres, là encore, pas du goût de tous.

Un nouveau cabinet ?

L'autre interrogation concerne Anne-Marie Aubry, la "dir cab", qui gère l'essentiel de l'aspect politique de la mairie. Elle a, à ce titre, joué un rôle important durant les campagnes de la présidentielle et des législatives. Grande amie, elle aussi, de Bernard Bosson, dont elle fut la proche collaboratrice durant des années, elle s'est efforcée de maintenir l'union dans la liste municipale mais, à mots couverts, plusieurs adjoints se sont parfois plaints de son autoritarisme. S'il est réélu en 2014, Jean-Luc Rigaut prendra-t-il une nouvelle tête pour diriger le cabinet ?
« Ce serait logique, s'il veut marquer son indépendance », commente un élu.

Des mécontents qui ne feront pas partie de la prochaine équipe

Dans une majorité municipale, c'est comme dans un gouvernement : difficile de faire part de son désaccord sans risquer l'ostracisme.
Publiquement, peu d'élus de la liste majoritaire ont montré des signes de mécontentement, hormis quelques sorties relatives au centre de congrès. Mais, en coulisses, certains ont exprimé un ras-le-bol.

« L'impression que tout était ficelé »
Lionel Tardy affirme de son côté que plusieurs membres de la liste actuelle de Jean-Luc Rigaut sont venus pleurer sur son épaule : « Je suis devenu le bureau des pleurs. Les élus en ont marre d'être mis devant le fait accompli, d'apprendre les projets dans la presse. Tout se décide au cabinet, et ça ne passe plus. » Cédric Le Goff, qui a claqué la porte de la liste Rigaut, confirme : « C'était parfois frustrant de ne rien savoir. Personnellement, j'avais l'impression que tout était ficelé. Il y avait des tensions, mais personne n'osait vraiment parler. » Des élus seront-ils tentés d'aller voir ailleurs. « Oui, c'est possible, car tout n'a pas fonctionné et de toute façon, Jean-Luc Rigaut va devoir faire des changements. » Ambitieux bridés ou élus désanchantés ne seront pas pour autant des opposants demain. « Il y a pour les adjoints des indemnités qui font réfléchir à deux fois... », souligne un observateur.

Thierry Billet, parti... pour rester

En 2008, le ralliement de Thierry Billet à la liste Rigaut avait fait les gorges chaudes du microcosme. Devenu la cible privilégiée de l'UMP, du PS et des Verts, l'avocat avait essuyé une pluie de critiques.
Accusé d'opportunisme, il s'est, depuis, fait plus discret, s'attachant à travailler ses dossiers en tentant d'amener la plus-value environnementale liée à son étiquette d'écologiste convaincu.
Aujourd'hui l'intéressé confie à demi-mots qu'il serait tenté de poursuivre l'aventure avec la liste Rigaut, où il apprécie son « autonomie » tout en estimant avoir agi de façon loyale. Ostracisé par Europe Ecologie-Les Verts et son leader François Astorg, Thierry Billet sait que rester sur la liste de Jean-Luc Rigaut est pour lui la seule porte de sortie afin de continuer à peser localement. « J'ai mon franc-parler, Jean-Luc Rigaut sait que je vote à gauche. On n'est pas d'accord sur tout, mais ça fonctionne bien », décrit l'avocat.
Caution verte de l'arc-en-ciel voulu par Jean-Luc Rigaut, cet électron libre a su rentrer dans le rang et mettre ses ambitions sous le boisseau au moment des législatives où son envie de se présenter contre Bernard Accoyer se heurtait à la politique de compromis de Jean-Luc Rigaut.
Bémols notables : ses rapports toujours compliqués avec les élus UMP (dont certains sur la liste actuelle) et ses critiques prononcées sur le centre de congrès, où l'emplacement comme le coût l'ont fait sortir de sa réserve.

Les plus fidèles promis à du galon

Quand approche la fin d'un mandat, l'heure est à donner les bons et les mauvais points. Les adjoints les plus loyaux envers Jean-Luc Rigaut devraient, logiquement, être reconduits dans leurs fonctions. D'autres fidèles pourraient prendre du galon dans deux ans.

Dominique Puthod futur bras-droit de Rigaut ?

Actuellement n°3 de la majorité, Dominique Puthod serait le choix le plus logique pour remplacer Marie-Noëlle Provent au poste de premier adjoint, malgré un dilettantisme qui lui est parfois reproché. « Rien n'est décidé, mais c'est le premier nom qui me vient à l'esprit.
Je ne vois pas qui d'autre pour le moment, à moins que le maire sorte quelqu'un du chapeau »
, observe un élu de la majorité.
Actuel adjoint à la culture, Dominique Puthod avait fait partie de la "short list" de Bosson quand ce dernier se cherchait un successeur .
Autre élu qui pourrait en théorie prendre du galon : Antoine Carré. Le "paratonnerre" du maire, premier de cordée quand il faut monter au front, pourrait voir sa loyauté récompensée par une délégation. Ce fin connaisseur des commerces annéciens, qui a rejoint l'équipe Rigaut en 2008, a également l'avantage d'être impliqué dans les instances départementales du Nouveau centre.
Le poulain Meszaros Enfin, le "p'tit dernier" de la maison, Thomas Meszaros, ex-futur challenger de Lionel Tardy aux législatives, est présenté comme l'une des étoiles montantes du Château. Ce poulain de l'écurie Aubry, centriste affirmé, travaille actuellement sur une mission pour la Ville, mais ne restera sûrement pas des années à ce poste.
Il pourrait soit prendre davantage de responsabilités au sein du cabinet, soit rejoindre le contingent des élus sur la liste de Jean-Luc Rigaut.

Annabel André-Laurent et Pierre Hérisson, monnaie d'échange de l'UMP

Ne pas réitérer le scénario de 2008. A l'UMP, Lionel Tardy est l'arbre qui cache la forêt car les caciques du parti sont loin d'être convaincus par la croisade anti-Rigaut du député. Beaucoup - Bernard Accoyer en tête - souhaitent une liste d'union, comme cela se faisait à l'époque de Bernard Bosson.
Jean-Luc Rigaut ne le fera pas à n'importe quel prix. Ni avec n'importe qui. Un nom revient souvent dans les discussions, celui d'Annabel André-Laurent.
L'actuelle co-listière de Pierre Hérisson pourrait, mieux que personne, symboliser la réconciliation de la droite et du centre dans la ville préfecture du département. Incisive parfois, sans excès d'agressivité, elle a fait ses preuves depuis 2008, s'évertuant à ne pas apparaître comme une élue excessivement politisée. Elle-même plaide pour l'union de la droite et du centre : « Il faut absolument que la gauche ne passe pas » , martèle-t-elle, refusant pour l'heure d'évoquer un éventuel choix entre Tardy et Rigaut.
Des quatre élus d'opposition de droite actuellement, elle est celle qui est la plus clairement Rigaut-compatible. Elle pourrait, dans ce cadre, rejoindre le contingent UMP de la prochaine liste autour du maire sortant. Son profil moderne (la quarantaine, active professionnellement) et sa connaissance du milieu commerçant présentent des avantages.
Celui de Pierre Hérisson est plus clivant. Le parlementaire pourrait-il, lui aussi, faire partie de la liste Rigaut ? L'hypothèse peut prêter à sourire, mais elle est moins farfelue qu'elle n'y paraît de prime abord. Ainsi que l'Essor Savoyard s'en faisait l'écho dans son édition du 30 août, le parlementaire n'est pas encore décidé à prendre sa retraite. Certes, il abandonnera (promet-il) son mandat de sénateur en 2014 mais veut rester conseiller d'agglomération. Et titulaire cette fois.
Pour cela, il faut qu'il soit sur une liste. Et comme Pierre Hérisson entend rester élu à Annecy, il n'a pas 36 choix qui s'offrent à lui : soit il prend en route l'aventure Tardy, soit il tente un "deal" avec Jean-Luc Rigaut, dans le cadre d'une liste d'union (et de compromis) entre centristes et UMP.
La deuxième solution paraît la plus probable, dans la mesure où le sénateur prend lentement mais sûrement ses distances avec le député, qui n'a d'ailleurs pas manifesté l'envie de l'accueillir dans son éventuelle équipe de campagne.
Reste que dans l'entourage de Jean-Luc Rigaut, la venue de Pierre Hérisson, même en tant que simple conseiller municipal, ne plairait pas à tout le monde.
Beaucoup n'ont pas oublié la campagne 2008, qui a laissé des cicatrices et des rancunes tenaces.
Seule la recherche de la paix avec l'UMP et une nécessaire concession de Jean-Luc Rigaut vis-à-vis de Bernard Accoyer rendraient possible l'intégration de Pierre Hérisson à la liste du maire sortant.

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