L'enseigne espagnole, située actuellement rue de la Poste, devrait déménager dans les prochains mois, pour s'installer au centre Courier.
Cette annonce suscite des inquiétudes quant au devenir commercial du secteur.
La nouvelle a fait l'effet d'un couperet au sein de l'association "Annecy Vita'Ville".
« Zara est une locomotive, un moteur dans le quartier », commente le président Éric Reinier-Machenaud,
« le secteur de la gare est en train de s'appauvrir. Déjà que le projet commercial dans le quartier de la Poste traîne depuis trois ans et que les commerces aux alentours en souffrent beaucoup » .
Le magasin espagnol, même si aucun commentaire n'a été fait de la part de la direction, devrait déménager dans les prochains mois pour s'installer, dit-on, à la place de Sport Leader dans la galerie marchande de Courier. Le manque de superficie, notamment pour stocker sa marchandise, aurait motivé Zara à se délocaliser quelques centaines de mètres plus loin. Pour l'heure, aucune information ne circule concernant l'éventuel remplaçant. Des bruits de couloir laissent penser que ce serait Virgin Megastore, qui pourrait prendre sa place, mais la rumeur a été démentie par quelques commerçants.
« L'enseigne est actuellement en train de fermer quatre magasins en France, dont un à Bordeaux. Ça m'étonnerait qu'elle décide de venir s'installer sur Annecy ! ».
Concentration Pour Éric Reinier-Machenaud, l'inquiétude est de mise.
« Il faut que ce soit une aussi grosse enseigne que Zara, qui vienne à sa place. Il en faudrait aussi une autre dans les bâtiments de la Poste et des petits commerces à Saint-François pour récupérer une offre commerciale intéressante. La mairie doit faire attention, car entre le déménagement de Zara à Courier et le renforcement de 10 000 m² des Galeries Lafayette, ce sera dur de reconstruire un tissu commercial dans le centre ville, qui est en train de se paupériser ! ». Le président d'Annecy Vita'Ville préconise l'embauche d'un manager commercial, comme il en existe dans d'autres villes en France, pour répartir intelligemment l'offre sur tout le centre.
« On doit faire attention aux flux des visiteurs et des consommateurs, qui vont se diriger vers les enseignes locomotives, qui finissent par se concentrer dans les mêmes endroits. Il faut une vraie volonté politique pour redrainer un flux dans le quartier de la gare. Avant le flux se faisait sur une transversale gare-lac et aujourd'hui sur un axe Courier-lac. Cela s'est bien rétréci ».
Du côté de la municipalité, on explique que cela n'est pas possible d'agir.
« La Ville ne s'est pas dotée du droit de préemption des locaux commerciaux. Donc elle ne préemptera pas parce qu'elle n'en a pas le pouvoir », avance Marie-Noëlle Provent. La première adjointe argumente.
« Je n'apprendrai à personne qu'à Annecy les fonds de commerce sont extrêmement chers. Il faudrait y consacrer des sommes importantes au détriment d'autres politiques publiques ».
Pas de préemption Si la Ville préempte, c'est pour qu'un commerçant s'installe. Alors deux hypothèses s'ouvrent : soit la municipalité lui vend ce qu'elle a acheté et
« on se demande bien pourquoi elle a servi d'intermédiaire sauf à ce qu'elle vende moins cher, six mois après le commerçant peut revendre et le cercle vicieux est en marche », commente l'élue annécienne ; soit la Ville loue, mais seulement avec des baux précaires, sinon la propriété commerciale est acquise et le même scénario précédent se dessine.
« La mairie n'a pas vocation à précariser les communes. Zara a un propriétaire des murs. Le propriétaire des murs et le magasin, aidés sûrement par des professionnels compétents, doivent être à la recherche d'une enseigne. Je n'imagine pas qu'il en soit autrement. Nous ne pouvons qu'être attentifs à ces 1500 m² ».
LEILA LAMNAOUER
L'Essor savoyard