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Annecy et sa région

jeudi 10.05.2012, 14:00

Allô Gaston Pluton ? Ici la Terre...

Gaston Pluton (à droite) et l'artiste Sébastien Tellier, qu'il admire pour son travail et sa simplicité. «C'est un chic type», confie l'Annécien, qui a tourné récemment dans son clip Gaston Pluton (à droite) et l'artiste Sébastien Tellier, qu'il admire pour son travail et sa simplicité. «C'est un chic type», confie l'Annécien, qui a tourné récemment dans son clip "Cochon Ville".

Mais vous êtes fou, M. Pluton ? Oh oui, pourrait-il répondre. Mais derrière le rythmeur de disques déjanté, se cache un jeune homme sensible et timide, qui a simplement envie de faire partager sa passion de la musique aux autres.


Cheveux longs, lunettes noires, barbe et grosses pattes, blouson en cuir... Gaston Pluton, c'est le style rock'n'roll. Cet Annécien de 23 ans est connu comme le loup blanc sur les bords du lac et les sommets des Aravis. La preuve encore il y a quelques jours, alors qu'il prenait le car pour Faverges, il tombe sur un groupe de jeunes filles, qui le reconnaissent immédiatement. Une vraie rock star, ce Gaston Pluton... Mais loin de la star attitude, ce « pur produit savoyard », comme il aime à se définir, a les pieds non pas sur Pluton, mais bien sur terre.

Football et musique
Cette lucidité, il l'a certainement acquise lors de son enfance. « Quand j'étais petit, j'étais très rond », lance-t-il, « pas facile dans un monde anguleux ». Il en bave, les moqueries ne sont pas rares. « En fait, j'étais un peu le gros sympa ». Les railleries le blessent, mais il se dit qu'avec le temps, cela ira mieux. « Je me dis aujourd'hui que ce n'était pas si grave, je sais que beaucoup de monde a dû vivre ce genre de choses. Mais cela laisse aussi des marques » . Car Gaston est un garçon sensible et les critiques le heurtent. Mais le sport l'aidera à s'affiner. « Et puis, je suis devenu moins gourmand », rit-il. Moins de coups de fourchette, mais plus de coups de pied dans le ballon.
Car adolescent, Gaston adorait le football et pendant cinq, il a occupé le poste de gardien dans son équipe. Il se rêvait alors journaliste sportif.
« Je marquais tous les résultats des matches, j'étais un fou de précision. Et puis, je dessinais les joueurs ». Il a même une collection de maillots. Celui qu'il garde précieusement, c'est celui qu'Aimé Jacquet, ancien sélectionneur de France, lui a offert lors d'une interview pour la coupe du monde 2002. Gaston est aussi à l'époque un admirateur de l'équipe nationale du Cameroun, "Les lions indomptables". «  J'adorais leur style ».
Outre le sport, il voue un amour à la musique, et notamment au rock. Ses inspirateurs ? Le groupe No Soucy, Alan Vega, Les Ramones, Iggy Pop... Parler de musique, il pourrait le faire pendant des heures, tellement il maîtrise le sujet. Et quand on est mélomane, on est souvent musicien. Il sera bassiste dans différents groupes pendant plusieurs années. En 2006, alors qu'il écoute la radio, il apprend que la planète Pluton va être radiée du système solaire. En hommage, et « parce que ça sonnait bien », il choisit d'accoler le nom de la planète à son nom de baptême. Ce sera désormais son nom de scène. Le grand chevelu, qui a choisi de se diriger vers une formation de coiffeur, est ainsi fait : de spontanéité et de candeur.
C'est Julien Dorst, DJ et membre du groupe Decay, qui lui mettra le pied à l'étrier dans le monde du divertissement. « Je faisais mes shows au bar "L'Indépendant" (devenu "Le General Lee"). Il a été réceptif et m'a fait avancer sur Annecy, en programmant des dates avec lui et son groupe ».
Les musiciens de "Black Flowers" le prennent aussi sous leurs ailes. Quand on demande à Gaston Pluton si on peut dire de lui que c'est un DJ, il répond ainsi : « En fait, je suis un rythmeur de disques, je ne fais que mettre les disques que j'aime comme je le ferais dans ma chambre tout seul. C'est tout simplement moi, je fais ça de manière naturelle. Je ne piège personne, tout est vrai dans mon attitude. Je danse comme ça dans la vie de tous les jours ». Spontanéité encore une fois. « Je mets l'ambiance dans ce que j'appelle des surprises party des années 60-70 ». Et ça plaît, puisque les établissements et autres festivals (comme le Rock'N'Snow Tour de Gaylord Pedretti ou encore Musilac, ainsi que pour des marques comme Monster ou Skull Candy) se battent pour l'avoir sur leurs affiches.
Gaston Pluton s'est aussi fait remarquer lors du concours d'Air Guitar à Paris. Le principe ? Mimer la gestuelle d'un guitariste sur n'importe quelle musique et surtout y mettre beaucoup de style. « Le jury est aussi exigeant que pour du patinage artistique. Il faut être à la fois canaille mais aussi très précis dans ses mouvements ». L'Annécien débarque à Paris sans préparation. « J'avais appris la veille que j'avais été sélectionné. Je ne connaissais aucune règle. Mais j'ai toujours fonctionné à l'instinct, au feeling ». Et il tape dans l'oeil de la journaliste, Isabelle Cholet, du magazine Rock & Folk, qu'il lit depuis des années. Un honneur pour Gaston. « J'ai toujours pensé que les choses se faisaient par les rencontres », confie celui qui n'a pas de manager et qui gère tout de A à Z tout seul.
L'Annécien a su faire sa réputation et a déjà rythmé ses disques au sein du célèbre "Bus Palladium" à Paris et aimerait "performer" dans le bar très branché de la capitale "Chez Jeannette". Il semblerait que cela soit en bonne voie et les choses devraient prendre forme pour le mois de juin. Dans quelques jours, il jouera pour le motocross de Montpellier. « Je fais tout à l'instinct. Je peux faire mes performances autant dans un petit troquet rural ou à Courchevel, sur le Libellule ou aux X Games. Je veux simplement faire partager ce que j'aime ». Et ça marche, puisque le public se déplace nombreux quand Gaston Pluton est programmé. « On dit souvent que les DJs sont là pour faire danser les gens, mais pas pour moi. En fait, les gens viennent me regarder danser ». Il se donne tellement qu'il doit souvent aller chez l'ostéopathe, à cause de ses déplacements de vertèbres. « J'ai même fait une fois mon show avec une minerve », rit-il.
Si quand il était plus jeune, Gaston Pluton rêvait secrètement d'une vie rock'n'roll dans son bus qui l'amenait au lycée, aujourd'hui il peut dire qu'il a réussi. « Les gens me connaissent et ça me fait chaud au coeur », confie-t-il à demi-mot, par timidité et humilité.
D'ailleurs, il n'a pas de plan sur la comète en ce qui concerne la suite. « Je prends les choses comme elles viennent, et je savoure l'instant présent ». Il dit devoir beaucoup à beaucoup de gens, comme la personne qui a partagé sa vie pendant 4 ans, Miss Cherry et qui s'est occupée de toute sa communication visuelle. Il aime aussi passer du temps avec son petit frère. Darius, qui a 15 ans, réalise depuis quelques années ses propres films un peu sanglant pour sa production "Darywood Film's".

Rencontre du troisième type
Dernièrement, il a fait une rencontre qui l'a beaucoup marqué. Celle avec le chanteur déjanté, Sébastien Tellier. Gaston Pluton a participé au tournage de son clip "Cochon Ville". « Au début, j'ai hésité parce qu'il fallait être complètement nu et puis finalement, la production m'a conservé mon look dans le clip ». Le jeune homme suit depuis longtemps la carrière de l'ovni musical Tellier, comme nombreux le surnomment. « Il est futuriste et rétro en même temps. Il ne renie pas le passé, il est à fond dans le rock des années 70 qu'il applique en 2012 ». Il a vécu un moment « fusionnel » pendant ce tournage. « Je lui ai donné ma carte professionnelle, il l'a portée à son coeur, l'a embrassée puis l'a mangée. J'ai trouvé ça extraordinaire ».
Si l'alchimie entre les deux artistes est si intense, c'est que Gaston Pluton se reconnaît en Sébastien Tellier. « J'ai l'impression que je le comprends. J'aime le personnage, comment il s'exprime. C'est un chic type qui fait ce qu'il a envie de faire sans avoir à l'expliquer. C'est comme ça, c'est tout ».
À 23 ans, l'Annécien a encore beaucoup d'autres belles aventures à vivre. Il est certain qu'il continuera à faire partager sa passion de la musique de la manière la plus sincère. Et pour conclure à la façon Gaston Pluton, on pourrait écrire : Olééééééééé !

LEILA LAMNAOUER

L'Essor savoyard
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