INFOS STATIONS

Météo, agenda, webcams... toutes les informations de vos stations à portée de clics

Alpes Du Sud | Auvergne | Haute-Savoie | Isère | Jura | Pyrénées | Savoie | Vosges

Annecy et sa région

jeudi 05.04.2012, 14:00

Marie-Noëlle Provent, la dame de fer

La première adjointe à la ville d'Annecy ne fait pas l'unanimité. La première adjointe à la ville d'Annecy ne fait pas l'unanimité.
La première adjointe à la ville d'Annecy ne fait pas l'unanimité. L'ancien maire d'Annecy explique ressentir «une profonde affection» pour Marie-Noëlle Provent, qui est entrée dans la vie politique par son biais. Bertrand Furic, directeur du Brise Glace à Annecy.

La première adjointe de Jean-Luc Rigaut est une femme au caractère affirmé. Marie-Noëlle Provent en convient elle-même et c'est d'ailleurs sa franchise et son franc-parler, qui déplaisent à certains et, a contrario, plaisent à d'autres.


Prononcez son nom et certains trembleront. Cela pourrait paraître exagéré, mais une chose est sûre, Marie-Noëlle Provent ne laisse personne indifférent. Bref, "on l'aime ou on ne l'aime pas". La première adjointe n'a jamais caché son caractère, parfois intransigeant sur des sujets qui lui tiennent à coeur, et revendique même sa forte personnalité. « Je crois que le caractère est quelque chose d'inné » , confiait-elle, il y a quelques mois au journal.
Elle se justifiait, en expliquant qu'elle a évolué très jeune dans le monde politique, et donc un monde d'hommes. Conséquence : elle s'est forgée une image de femme sûre d'elle et qui ne fait pas de concessions. Avocate de profession, Marie-Noëlle Provent sait plaider sa cause et faire plier ses "adversaires". D'ailleurs, certains de ses proches avancent : « Quand vous voulez la convaincre que vous avez raison, elle attend de vous que vous argumentiez votre point de vue, que vous le défendiez bec et ongles ».

Stratèges
La robe ne l'a donc jamais quitté même dans son mandat d'élue. Celle, qui avoue avoir choisi le métier d'avocate pour « défendre la veuve et l'orphelin », est ainsi faite. Et avoir des "ennemis" ne lui fait certainement pas peur. Amatrice de jeu d'échecs, elle préfère faire face à des femmes et hommes stratèges. Que certains ne la supportent pas, elle en a certainement conscience, clamant tout de même qu'elle ne veut « de mal à personne ». Une élue du conseil assure que la première adjointe a toujours travaillé en équipe. «  C'est un plaisir de collaborer avec elle. Elle a certes son caractère, mais elle est loyale ».
Celle, qui a tant appris aux côtés de Bernard Bosson, son mentor politique, qu'elle a rencontré sur les bancs du palais de justice à la fin des années 70, a intégré la vie publique en 1983, quand l'ancien maire d'Annecy s'est présenté aux élections. Près de trente ans plus tard, elle a assis une réputation de femme de poigne, qui déplaît de plus en plus. « Elle bloque tous les dossiers. Elle n'en fait qu'à sa tête », confie un professionnel de la restauration, qui aimerait que le dossier du règlement des terrasses avance plus vite. « Le problème, ce n'est pas le maire, mais bien sa première adjointe. On a l'impression que c'est elle qui prend les décisions », surenchérit-il. Elle aurait d'ailleurs claqué la porte lors d'une réunion de groupe de travail sur le règlement des terrasses. Pour elle, c'est avant tout le patrimoine et elle ne pense pas forcément au côté économique. On oublie vite que nous générons des emplois et que nous sommes des entreprises qui ne délocalisent pas » .

Loyauté
Un autre patron annécien confirme que « quand elle a pris une décision, elle n'en bouge pas d'un centimètre » et regrette ce qu'il considère comme un « manque d'ouverture d'esprit ». Il se souvient également de nombre de réunions en sa présence qui n'ont servi strictement à rien « car le dialogue est inexistant ».
Marie-Noëlle Provent voudrait-elle être calife à la place du calife ? Non, répondent beaucoup de gens qui la connaissent. Elle prévient même qu'en 2014, elle raccrochera définitivement. Faire l'unanimité auprès des uns ou des autres, l'élue ne le cherche pas vraiment. Elle place plutôt ses convictions au centre de ses priorités. Elle a d'ailleurs toujours revendiqué son indépendance, et pour principale preuve, elle n'a jamais adhéré à quelconque parti politique pour se laisser la liberté de ses choix. « Quand on est élu, on est en CDD. Ce qui me plaît c'est cette liberté de dire que ça ne nous convient pas ou plus, qu'on est en complet désaccord ».
Certains lui reprochent tout de même sa (toujours) grande proximité avec Bernard Bosson. Une relation continue, qui entacherait le travail de Jean-Luc Rigaut. « On connaît les divergences de Bosson et Rigaut sur le centre de congrès. Alors, on peut être amené parfois à se poser des questions sur la véritable loyauté de Mme Provent », confie un observateur.

DOSSIER RÉALISÉ
PAR LEILA LAMNAOUER, OLIVIER DURAND ET JEAN-BAPTISTE SERRON


L'Essor savoyard
Ce qu'en pensent les élus : « Elle prend des décisions à la place du maire »

Femme affirmée, Marie-Noëlle Provent n'a jamais peur de dire non. Ni d'être en désaccord avec son propre camp. Notamment à l'Agglo où elle fait preuve d'une docilité toute relative vis-à-vis du président. L'été dernier, elle a clairement signifié à Jean-Luc Rigaut qu'elle ne partageait pas son idée d'ouvrir gratuitement au public la cour du musée-château d'Annecy. Idem en novembre 2010, quand elle s'était abstenue sur un vote relatif à la refonte des critères de la DSC (Dotation de solidarité communautaires) entraînant la liste majoritaire avec elle, laissant Jean-Luc Rigaut seul élu annécien à voter la délibération.
À l'époque, Pierre Hérisson avait parlé d'une « défiance » de la première adjointe vis-à-vis de son maire. Philippe Métral-Boffod se souvient aussi de l'épisode et du malaise que cela avait créé : « Elle avait pris le contre-pied de Jean-Luc Rigaut, en laissant entendre qu'elle était d'accord avec les positions de Denis Duperthuy et moi. » L'élu du NPA analyse : «  C'est quelqu'un de franc, sa personnalité ne me dérange pas. C'est une pièce incontournable de la majorité de Rigaut mais j'ai le sentiment que le maire n'a pas trouvé sa place auprès d'elle. » Pierre Hérisson, qui assure avoir des relations de respect avec l'élue, confirme : « Elle a un rôle d'influence important, voire trop important à certains moments. Elle enferme le maire dans un premier cercle trop contraint. Jean-Luc Rigaut gagnerait à s'émanciper car ce premier cercle doit être pesant certains jours. » Les personnes concernées apprécieront... Annabel André-Laurent, élue UMP, estime elle aussi qu'il doit être « difficile au maire de se faire une place  » face à une telle personnalité. « Elle prend clairement des décisions à sa place. » Elle avance que la première adjointe détient un fort pouvoir, conséquence de sa charge en matière d'urbanisme. « De part son métier d'avocate, elle a des connaissances en matière juridique et elle connaît bien les dossiers, car elle est là depuis longtemps. Sa charge lui vaut certainement d'être critiquée et détestée. Car on fait toujours des mécontents. Mais elle sert bien de détonateur et cela arrange pas mal de personnes ».
Annabel André-Laurent confie avoir longtemps hésité à parler avec Marie-Noëlle Provent. « Je n'avais jamais eu de contact avec elle, mais sa réputation était plutôt négative. On m'avait dit qu'elle était froide, qu'il fallait s'en méfier et cela, quelle que soit l'équipe municipale qui a travaillé avec elle. » Mais il y a quelques jours, elle a été agréablement surprise. « Je lui ai demandé un rendez-vous pour parler d'urbanisme. On a pu discuter en toute confiance », confie l'élue annécienne. Loin de se dire amie avec la première adjointe, elle qualifie tout de même ses relations avec elle de « respectueuses ».

L'hommage de Bernard Bosson : « Elle peut paraître dure, mais c'est une vraie passionnée »

S'il en est un qui connaît bien Marie-Noëlle Provent, c'est Bernard Bosson. L'ancien maire d'Annecy est celui qui l'a lancée en politique, au début des années 80 alors qu'il prenait, pour la première fois, les rênes de la municipalité. « Je l'ai convaincue de venir sur la liste, car je voulais une liste ouverte », se souvient aujourd'hui Bernard Bosson.
Quand on lui demande de décrire celle qui est devenue, au fil du temps, son amie (et à qui il a remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur) il est formel : « C'est une femme d'idéal, courageuse, d'une très grande franchise. » Il ajoute, un peu taquin : « Une femme de caractère, parfois avec du mauvais caractère, mais d'une parfaite honnêteté intellectuelle. » Et si Bernard Bosson ne tarit pas d'éloges sur Marie-Noëlle Provent, c'est qu'il mesure les choses qu'elle a faites depuis près de 30 ans, notamment dans le domaine de la culture, avec le cinéma d'animation et le Brise-Glace, mais aussi, plus récemment, le dossier de la rénovation et l'extension de BSN, qu'elle a portée de ses voeux. « J'ai le même lien avec elle que celui que j'avais, dans le passé, avec Jean Régis (son ancien premier adjoint, ndlr) », résume Bernard Bosson.
« J'ai une très profonde affection pour elle. C'est une élue formidable. Elle peut paraître dure, mais c'est une vraie passionnée d'Annecy.
 »

Le monde de la culture lui doit beaucoup

« Avec Marie-Noëlle Provent, c'est cash. On sait tout de suite si c'est oui ou si c'est non. Quand c'est non, ce n'est pas la peine de revenir dessus, mais quand c'est oui, elle vous accompagne à fond, elle monte au créneau avec vous ! » Pour Bertrand Furic, le directeur du Brise-glace d'Annecy, qui avoue avoir « beaucoup de respect » pour la première adjointe, la franchise est certainement la première qualité de l'élue.
Selon lui, cette femme « pleine, passionnée et bosseuse » connaît tous ses dossiers sur le bout des doigts, notamment celui du Brise-glace. Il se rappelle également que c'est elle, avec Bernard Bosson, qui a permis à la scène annécienne de prendre son essor. «  Il existe d'ailleurs une complicité extrêmement frappante entre eux deux », assure-t-il. Bertrand Furic estime aussi que Marie-Noëlle Provent a une « vision politique, au sens noble du terme, très poussée. Elle se bat pour l'aménagement de la cité et pour l'intérêt général  ».

Réagissez sur Facebook
lessorsavoyard.fr
Le site de l'Essor Savoyard