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Annecy et sa région

jeudi 11.08.2011, 14:00

Un des plus célèbres mystères du lac : le naufrage du "France" en 1971

L'épave du France se situe à plus de 40 mètres de profondeur dans le lac d'Annecy. Son naufrage reste encore une énigme.(Photo: Archives municipales d'Annecy) L'épave du France se situe à plus de 40 mètres de profondeur dans le lac d'Annecy. Son naufrage reste encore une énigme.(Photo: Archives municipales d'Annecy)
L'épave du France se situe à plus de 40 mètres de profondeur dans le lac d'Annecy. Son naufrage reste encore une énigme.(Photo: Archives municipales d'Annecy) La légende de la Dame d'Angon, vivant aux fonds des eaux

On connaît la légende du monstre du loch Ness en Écosse. Mais le lac d'Annecy regorge lui aussi d'histoires plus mystérieuses les unes que les autres.

Celle qui aura marqué le XXe siècle sera sans aucun doute le naufrage du bateau, Le France.
Dans la nuit du 12 mars 1971, le France sombre dans le lac. Il s'enfonce dans la vase par la proue, sous le choc, sa coque se plie par le milieu. Ses vitres se brisent, ses portes se disloquent, la cabine de la timonerie est arrachée, la cheminée gît en travers du pont...

Dernier bateau à aubes du pays, le France a vécu une carrière des plus prestigieuses. Tout commence en 1908. La Compagnie des bateaux anticipe l'augmentation de trafic lacustre, Annecy étant devenue une importante station estivale. L'entreprise commande alors la construction d'un "bateau-salon".
"Le France", construit à Zurich mais monté à Annecy, sera long de 44 mètres et atteint la vitesse de 23 km/h lors des essais. Sa machine à vapeur actionne deux roues à aubes et son pont supérieur se termine par un salon-fumoir. Il est mis à l'eau sous le regard de milliers d'Annéciens le 13 mai 1909 au cours d'une fête grandiose.

Les mystères d'un naufrage
Quatre ans plus tard, le France offre la possibilité d'excursions ou est utilisé comme transport en commun, service de messagerie... Ses croisières au clair de lune font le bonheur d'une clientèle huppée venue de l'Europe entière. Le bateau naviguera jusqu'en 1962. Mais la prolifération d'embarcations de plaisance, l'entretien et consommation devenus trop coûteux ou encore la perte significative de passagers obligent la Compagnie des bateaux à mettre fin à son activité.
L'annonce de la nouvelle provoque une vive émotion chez les Annéciens et les touristes. Très vite, une campagne s'organise. La Compagnie des bateaux pense d'abord à le convertir en musée flottant, mais ce projet n'est pas soutenu par le conseil municipal de l'époque.
Finalement Jean Bruel, membre de l'association pour le musée des transports urbain, interurbains et ruraux et gérant de la Société parisienne de navigation touristique, en devient le propriétaire. Avant même la signature officielle de l'acte de vente, le futur acquéreur lance à ses frais les travaux de remise en état. Deux ans plus tard, il offre au France son dernier tour du lac, puis "l'installe" au milieu du lac.


Alors que s'est-il vraiment passé cette nuit du 12 mars 1971 ? Dès le matin, la nouvelle se répand aussi vite que les hypothèses se multiplient pour expliquer ce naufrage. Sabotage ? Attentat ? Maladresse et inconscience de participants à de prétendus "ballets roses" ? Ou tout simplement usure du temps ? Le mystère reste encore entier, quarante ans plus tard. Aujourd'hui, le France repose à plat, par 42 m de fond. Alors que des plongeurs ont redressé son mat et remis la timonerie en place, d'autres traversent toute l'Europe pour lui rendre visite. Bien sûr, des pièces à vapeur ont disparu tout comme les barreaux et la rampe du grand escalier et les lettres qui ornaient les flancs du navire...
LEILA LAMNAOUER
Source : "Les bateaux à vapeur du lac d'Annecy" de M. Grandchamp, Société des Amis du Vieil Annecy
Alain Barville, Espace Plongée, www.scubadata.com

L'Essor savoyard
La légende de la Dame d'Angon, vivant aux fonds des eaux

À Angon, se dressait un château. Une vaste demeure, pourvue de solides fortifications mettant à l'abri de toutes attaques ses occupants ou plutôt son... occupante. Bernoline, une jeune femme de 18 ans, vivait là seule, entourée de ses domestiques. Elle avait perdu ses parents et vivait dans une extrême solitude. Bernoline rêvait d'un époux. Les années passaient et la jeune femme désespérait. Un soir, un étranger vint frapper à la porte du château. S'étant égaré, il demandait l'asile pour la nuit. Bernoline lui donna une des plus belles chambres du manoir et lui offrit le souper. Cet étranger était un gentilhomme, partant pour la Turquie rejoindre les armées chrétiennes. Le lendemain, il accepta la proposition de la jeune femme de l'héberger quelques jours de plus. La veille de son départ, l'homme lui demanda sa main, ce qu'elle accepta aussitôt. Les fiançailles furent célébrées immédiatement et le fiancé partit le lendemain.
Après avoir combattu de longs mois, le gentilhomme la retrouva à Angon. Le mariage fut alors célébré en grande pompe. Ils vécurent deux années très heureux.
Un soir, la jeune femme fut prise d'un caprice. Elle venait de voir passer une étoile qui fila dans le ciel avant de disparaître à l'horizon. Elle voulait se joyau unique. Son époux dépêcha alors plusieurs hommes. Mais tous revinrent bredouille. Il se résolut donc à partir lui-même. Il traversa de nombreux pays avant d'arriver aux limites des terres au bord d'un océan sans fin.

Un terrible chantage
Sur son embarcation, il vit se dresser devant lui, une aimable sirène, qui lui remit l'étoile. Elle ajouta que s'il n'était pas de retour à Angon le soir de la Toussaint, sa belle paierait son caprice de sa vie. Il se dépêcha et par le plus court chemin il regagna les rives du lac. Le cavalier se trompa de route dans la nuit sombre, prenant la direction de Duingt. Il s'aperçut de son erreur trop tard et n'avait pas le temps de faire demi-tour. Il rencontra alors un vieillard sur une barque. Il accepta de le prendre, mais au milieu du lac, le bateau s'arrêta et le bonhomme lança : « je suis Satan, je vais te proposer un marché. Je te conduirai à Angon à la seule condition que tu abandonnes ton âme dans dix ans, jour pour jour, sinon nous retournerons à Duingt et ta chère Bernoline périra ». Le chevalier consentit à l'horrible convention.
Quelques minutes après, il était dans les bras de son épouse. Les dix années s'écoulèrent avec rapidité. Puis, il quitta sa demeure après avoir chargé son écuyer d'apprendre à Bernoline la nouvelle. Elle fut abattue, avant de réagir rapidement et se jura de tout tenter pour arracher son époux des mains du démon. Elle se mit donc en route. Mais après avoir parcouru sans succès les pays les plus divers, et avoir eu en récompense de sa générosité pour un pauvre (qui était en fait un envoyé de Dieu chargé d'éprouver les humains) la jeunesse éternelle, elle revint à Angon. À son grand étonnement, elle trouva, installé sur la berge Satan en personne. Elle le supplia de lui rendre son amour, et il finit par lui promettre de le faire à condition que le lendemain, elle le reconnaisse parmi la foule.

Elle emporte les noyés
Mais ce ne fut pas le cas. Satan lui accorda alors un délai de dix mille ans pour lui arracher sa proie. La Dame d'Angon, continua ses recherches sans résultats. Le château tomba en ruine et elle se retrouva seule et sans abri, malgré son éternelle jeunesse et beauté. Oubliant que la mort n'avait pas de prise sur elle, elle se jeta dans le lac du haut du Roc de Chère. Depuis, elle continue à vivre au sein des flots. Elle s'est creusé une profonde retraite dans les rochers et y transporte les corps des humains se noyant chaque année dans ces parages, les examinant soigneusement dans l'espoir de retrouver son époux. Lorsqu'il arrive que le corps noyé soit retiré des eaux avant qu'elle ait pu s'en emparer, on entend la nuit suivante la Dame d'Angon se plaindre désespérément dans les ruines de son ancienne demeure et ses lamentations retentissent dans l'obscurité.
Source : "Légendes de Savoie" de Georges Charpier aux éditions Revue Les Alpes. 1945

Les origines du lac : entre des histoires d'anges et de village englouti


Les trois anges
Il y a des millénaires, alors qu'elle n'avait encore reçu aucun nom, cette région alpine avait été confiée à trois anges, qui en assuraient alors la protection. Du haut du ciel, ils surveillaient montagnes, vallées, torrents, rivières, bois et forêts. Ils n'avaient guère à intervenir, car les habitants étaient peu nombreux et guère enclins à la violence. Les anges, fascinés par la beauté des paysages, passaient leur temps à contempler cette magnifique nature. Mais un matin, ils apprirent qu'il leur faudrait bientôt quitter ce pays merveilleux, leur présence étant plus nécessaire en d'autres lieux moins paisibles. Cette nouvelle les contraria énormément. Mais ils étaient obéissants. Le coeur en peine, ils prirent alors le chemin du nord, où ils étaient attendus. Ils survolèrent lentement la région pour en admirer une dernière fois le panorama. Chacun des anges versa une larme, qui descendit lentement vers le sol. Portées par le vent, ces trois larmes grossirent et se transformèrent en trombes d'eau qui, en atteignant le sol, formèrent les trois principaux lacs des deux Savoie, dont celui d'Annecy.

Le village englouti
Sous les eaux du lac, on entend parfois, à l'endroit où ses rives se rapprochent, entre Duingt et Doussard, une cloche sonner le glas.
Autrefois, un village se trouvait là. Un soir de Noël, les maisons enfouies sous la neige laissaient échapper des volutes de fumées. Des lumières dorées filtraient au travers des étroites fenêtres et tout près du village, le lac était calme.
Les villageois réveillonnaient. Tandis qu'ils s'adonnaient à leurs réjouissances, une femme, vêtue de haillons et d'un âge avancé, approchait du village.
Elle tremblait de froid et avançait péniblement en plantant son bâton noueux dans l'épaisse neige. Elle arriva devant la première maison. Elle pensait trouver là un abri, un repas et un peu de chaleur. Elle frappa à la porte, qui s'entrouvrit à peine. La femme supplia les hôtes de la laisser entrer, mais la porte se referma aussitôt. Même chose pour la maison voisine. Personne n'accepta de la faire entrer.
À la sortie du village, elle emprunta un chemin, qui montait dans la montagne. Au bout d'un moment, elle s'arrêta et se tourna pour regarder le village. La vieille femme sourit. Soudain, elle se redressa, ses rides disparurent, ses chevaux blancs se transformèrent en crinière blonde. Elle redevint jeune et belle et le bâton qu'elle tenait à la main se transforma en baguette magique. Car elle était une fée, la fée du lac. Elle décida d'infliger une punition aux villageois. Un grondement effroyable se fit entendre. La terre trembla, le sol s'ouvrit et tout le village disparut dans un gouffre immense où les eaux du lac se précipitèrent. À l'aube, le calme était revenu, l'eau avait tout recouvert.
Source : "Contes et Légendes de Savoie" de Monique de Huertas, aux Éditions Ouest France, 2001.

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