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Berceau de l'oeuvre de Saint-François de Sales, Annecy est marquée par une forte tradition religieuse. Si au fil du temps, la communauté catholique s'est adaptée aux évolutions de l'Église, un courant traditionaliste reste cependant présent.
Les locaux, de l'extérieur, sont plutôt neutres. Un porche, avenue du Rhône, qui semble comme encastré dans un immeuble plutôt banal, abritant garages et entrepôts. Sur le fronton, l'appellation "Chapelle Saint-François de Sales" interpelle le regard. C'est derrière cette porte que se déroulent les offices de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, courant créé par Mgr Lefebvre en 1970.
A l'intérieur, un escalier vous conduit vers la salle, spacieuse et sobrement décorée, où se tiennent les offices. En ce dimanche matin, il n'y a plus guère de places vacantes. Entre 70 et 80 personnes suivent une messe qui respecte à la lettre les rites traditionnels : encens, génuflexions, enfants de choeur, chants en latin... Parmi l'assistance, plusieurs familles avec des enfants en bas âge. Assiduité et ferveur sont de mise.
De l'extérieur retentissent de temps à autre les klaxons des véhicules de la très passagère avenue du Rhône, mais les fidèles ne semblent pas y prêter attention. L'office durera une heure et demie au total. Et se termine par un dernier chant. En latin bien sûr.
O.D.
A 36 ans, Louise (*) est une catholique pratiquante. Elle s'est fait baptiser il y a quatre ans maintenant par Mgr Boivineau, à la suite d'une démarche de catéchuménat. Pratiquante, elle apprécie d'aller à l'église certains dimanches pour y vivre sa foi. Elle a fait récemment l'expérience d'une messe dans les locaux de la chapelle Saint-François de Sales, avenue du Rhône, où se tiennent les offices du courant dit lefebvriste.
« Je ne me suis pas sentie à mon aise », raconte-t-elle. « L'odeur d'encens est particulière. Je ne suis pas coutumière de ces rites traditionnels, comme les génuflexions à répétition. J'ai l'habitude d'aller à des offices à l'église Saint-Maurice où les messes ne se déroulent pas de cette façon », relate la jeune femme.
Les chants en latin l'ont également désarçonnée. « On ne peut pas suivre vraiment. Bien sûr, j'ai des notions de latin, mais j'ai eu du mal à vivre l'office pleinement », témoigne-t-elle. Pour autant, et malgré ces réserves assez prononcées, elle ne veut pas jeter l'opprobre sur cette communauté. « Aller à la messe est toujours un moment de joie pour moi, comme chaque fois que je fais quelque chose en rapport avec ma foi. Aussi cette messe reste-t-elle pour moi un bon moment. Ce qui est important à mes yeux, c'est de pouvoir communier avec Dieu, même si dans ce cas précis, le cérémonial m'a quelque peu déroutée. »
O.D
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(*) Prénom d'emprunt
Marcel Lefebvre est né à Tourcoing, en 1905. Archevêque catholique de Dakar en 1947 et délégué apostolique pour l'Afrique française, il devient en 1962 évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit.
Figure de l'opposition au concile de Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X et le séminaire international d'Écône, créés pour « former des séminaristes en vue de la prêtrise ». En 1988, il est excommunié "latæ sententiæ" pour avoir sacré quatre évêques traditionalistes sans l'aval de Rome, dont Richard Williamson, connu pour ses positions négationnistes.
Mgr Lefebvre meurt le 25 mars 1991 et laisse derrière lui la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, implantée dans plus de cinquante pays sur les cinq continents.
Par décret de la congrégation pour les évêques du 21 janvier 2009 l'excommunication qui frappait les quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, est levée de façon unilatérale, suscitant une vive émotion dans le monde chrétien et provoquant une vague de critiques à l'encontre du pape Benoît XVI.
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