A l'issue des élections régionales, le sénateur Pierre Hérisson déclarait dans nos colonnes (L'Essor du 25 mars) « Il est urgent de reconstruire un périmètre Centriste-UMP à Annecy ».
Il s'en explique.
Qu'entendez-vous par « reconstruire un périmètre Centriste-UMP à Annecy ?
« Si on refait un peu l'histoire sur les 25 dernières années, je me suis très vite aperçu que Bernard Bosson était un vrai centriste et moi, je n'arrivais pas à entrer dans la boîte. La majorité doit reposer sur deux pôles parce que certes la vraie stabilité c'est sur trois pieds mais je reste persuadé qu'il y a une logique qui a prévalu ».
C'est-à-dire ?
« Lorsque la majorité annécienne était UDF/RPR ou Centriste/UMP ça a bien fonctionné sauf que c'était la guerre pendant le mandat. Mais six mois avant l'élection, c'était la paix des braves. Il y avait un périmètre électoral droite et centre droit. Chacun était sur son territoire. Si on ne revient pas rapidement à un périmètre électoral UMP/Centriste ou Centriste/UMP selon les cas, la Haute-Savoie basculera complètement à gauche ».
Comment expliquez-vous que cette coalition fonctionne au niveau national mais pas au niveau local ?
« Cela ne marche pas au niveau local car aujourd'hui, je pense que le groupe majoritaire au conseil municipal a atteint les limites de l'exercice et que le maire ne pourra pas infiniment refuser la main tendue de l'UMP. On ne peut pas éternellement dire "on fait partie de la majorité présidentielle" et refuser une majorité locale d'une autre nature.
Aujourd'hui, il faut respecter nos électeurs. Le maire a été élu par une majorité. S'il est un homme politique important, s'il adhère au Nouveau Centre, il ne peut pas ignorer qu'il a dans son conseil municipal un sénateur et un conseiller régional qui représentent l'UMP ».
Quelles échéances vous êtes-vous fixé pour que cette politique de la main tendue aboutisse ?
« Il n'y a pas d'échéance. On avait besoin de savoir où on en était au moment des élections régionales. On l'a su avec Eric Fournier (NDLR : le maire de Chamonix), pas avec Jean-Luc Rigaut. Il y a donc eu constitution d'une liste avec le Nouveau Centre. La difficulté pour Jean-Luc Rigaut est d'accepter la main tendue sans fissurer sa propre majorité ».
Comment voyez-vous les choses maintenant ?
« Je souhaite qu'aux prochaines élections (cantonales, législatives, municipales...) on puisse présenter des listes d'union UMP/Centristes. Ce n'est plus un problème de personnes maintenant. Je ne me représenterai pas aux sénatoriales, je me mettrai à disposition pour favoriser la réconciliation. A partir de ce moment-là, je serai un peu plus disponible au niveau local. Mais je ne demande rien. Jamais n'est pas une constante, surtout en politique. »
Aujourd'hui, concrètement, comment se traduit votre main tendue ?
« Par des comportements. Je montre que sur les grands projets, on peut trouver des accords ».
N'était-ce pas à Bernard Accoyer, qui est le "patron" de l'UMP départementale, de faire cette proposition ?
« Si je le fais, c'est que je suis en accord avec lui. Je m'exprime en tant qu'homme politique membre de l'UMP et de ce que je crois positif pour le département et pour la ville d'Annecy en particulier et que j'appelle, moi, la main tendue. Mais s'il n'y en a qu'une, ça ne sert à rien ».
GÉRALDINE BAEHR L'Essor Savoyard
C'est avec un grand éclat de rire que Jean-Luc Rigaut accueille la proposition de Pierre Hérisson, son plus fidèle opposant au sein du conseil municipal, et livre une analyse sans concession. « Il faut se poser les bonnes questions. Pourquoi "reconstruire un périmètre ?" ; Parce qu'il est détruit ? Cela veut dire que Pierre Hérisson considère que ce périmètre n'existe plus. Ça veut dire qu'il a été détruit. Et par qui ? ».
Il va même plus loin : « Ils reconstruisent ou ils font la compétition ? Moi, j'adore la compétition et je n'aime pas perdre... » Référence aux récents points de "crispation" entre l'UMP et lui autour notamment de la candidature aux JO ou de celle d'Annabel André aux Régionales... Selon l'édile, il faudrait savoir si l'UMP veut faire « du social ou de la politique ».
Alors qu'au niveau national, le Nouveau Centre s'affiche clairement comme appartenant à la majorité présidentielle ; la mise en oeuvre d'une telle entente est bien moins évidente localement. « Mes convictions centre-droit sont ce qu'elles sont. Aujourd'hui, il y a une volonté de réaffirmer la position du Nouveau Centre au niveau national. Un mouvement politique se construit aussi avec les partis politiques et leurs représentants ».
L'espoir est-il encore permis à Annecy ? « Je peux être taxé d'avoir des difficultés avec l'UMP. Mais je m'entends très bien avec les élus UMP. Si c'est une affaire de personne, il faut que les personnes qui se sentent en difficulté s'interrogent ».
Jean-Luc Rigaut réaffirme par ailleurs respecter le positionnement des élus municipaux d'opposition annéciens et, selon lui, une opposition dite "constructive" est aussi la « meilleure expression de la démocratie ».
Quant à cette main tendue de Pierre Hérisson, le maire attend du concret : « Des mots, j'adore ça. Mais des actes, je préfère ; tant au niveau d'Annecy que de l'agglomération ». » Tel Saint-Thomas, Jean-Luc Rigaut attend donc de voir pour le croire : « Ce n'est pas qu'une question de confiance. Qu'on arrête le baratin ! »
GB
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